Friday, December 03, 2010

La Corée du nord au bout du fusil! Gigantesques manoeuvres militaires nippo-américaines en Mer Jaune


Coïncidence ou non, les chaînes de télévisions japonaises sortent les vieux films des placards ces jours-ci et c'est ainsi que sur la chaîne TV Tokyo sont présentés depuis lundi, des films icônes sur les Seals, les pilotes de chasse ou la guerre du Viêt-nam, idem avec la sortie du Yamato version spatial sur le grand écran... Ambiance.

Les forces armées américaines en ont également profité pour inviter les journalistes correspondants en poste au Japon pour suivre tout cela, et le résultat est que les quotas débordent. Tout le monde en rang pour le journalisme embedded... et embarqué. Pensez, la bataille aux images entre agences! Journalisme? Non, commerce d'images. Bien évidemment la discrimination des militaires Américains continue vis a vis des journalistes travaillant au Japon, avec censures et discrimination pour ce qui est de l'accès à l'information.

Quoiqu'il en soit le calendrier est chaud puisque le Japon et les Etats-Unis vont tenir aujourd'hui et pour six jours leur plus grand exercice militaire conjoint jamais organisé, et ce, quelques jours après les manoeuvres militaires américaines et sud-coréennes. Objectif: une démonstration de force après la montée de tension intervenues sur la péninsule coréenne. Manoeuvres tenues cette fois loin des rives chinoises pour ne pas déclencher la colère du Dragon...

L'exercice "Keen Sword" était prévu bien avant les tirs d'artillerie survenus entre les deux Corée la semaine dernière. Démarrant vendredi il aura lieu jusqu'au 10 Décembre, et réunira environ 34.000 militaires japonais, 40 navires de guerre et 250 avions auxquels vont se joindre plus de 10.000 homologues des forces américaines, 20 navires de guerre et 150 avions.

Nom de code: "Keen Sword"

Un exercice tenu loin des côtes chinoises pour ne pas heurter les susceptibilités Pékinoises, il sera concentré à proximité de la côte ouest et sud de la Corée du Sud.

En toile de fond de ces manoeuvres militaires Etats-Unis, Japon et Corée du sud, naturellement la question de la tension sur la péninsule Coréenne, la succession de Pyongyang avec la situation politique et économique dans la république populaire. Je cite l'excellente analyse Corée du Nord : "l'ère de la transition a commencé" par Philippe Pons, Le Monde, avec autorisation de l'auteur.

"Le processus de succession de Kim Jong-il par son fils, Kim Jong-un, a été officialisé, le 10 octobre, lors des cérémonies du 65e anniversaire de la fondation du Parti du travail. Que peut-on attendre de cette anachronique poursuite d'une « dynastie communiste » qui débuta avec la succession du « père de la nation », Kim Il-sung (1912-1994), par son fils Kim Jong-il et se perpétue le petit-fils ?

Apparemment remis de l'attaque cérébrale dont il a été victime, à l'été 2008, mais affaibli, Kim Jong-il, qui détient les rênes d'un pouvoir absolu, met progressivement en place une direction plus collégiale, avec la promotion de membres de sa famille - tels sa soeur Kim Kyong-hui et le mari de celle-ci, Chang Song-taek - ainsi que des fidèles comme le maréchal Ri Yong-ho, chef d'état-major. Adoubé par l'armée et le parti, Kim Jong-un devra cependant être crédité d'une réussite pour être pleinement accepté.

Les analystes à Séoul retiennent trois scénarios. 1 - La succession s'opère sans anicroche : Kim Jong-un apparaîtra comme la figure de la continuité de la lignée des Kim au sein d'une direction « moins autocratique », estime Rüdiger Frank, expert de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à l'université de Vienne. 2 - Le processus de succession est contesté de l'intérieur et des clans rivalisent pour le pouvoir, risquant de favoriser des ingérences étrangères. 3 - La transmission du pouvoir déraille, entamant le contrôle du régime sur la population et le pays sombre dans le chaos, voire une guerre civile, appelant une intervention extérieure.

La plupart des experts de la RPDC privilégient, pour l'instant, le premier scénario. Une lutte de pouvoir semble peu probable : l'élite a intérêt à maintenir la stabilité du pays et à serrer les rangs. « La disparition de Kim Jong-il peut changer la donne en ravivant de vieilles rivalités... », avance néanmoins Andrei Lankov, de l'université Kookmin, à Séoul. Un effondrement du régime (troisième scénario) ne semble guère vraisemblable en l'absence de toute opposition ou dissidence organisée.

Le premier scénario présente des analogies avec celui qui permit à Kim Jong-il de succéder à Kim Il-sung : dans les deux cas, l'élite a craint une guerre de succession. Au prix d'accepter un renforcement de l'« Etat dynastique » ? Selon l'anthropologue Heonik Kwon (London School of Economics), aux yeux des Coréens du Nord, nourris de l'idéologie du régime, la succession héréditaire s'enracine dans le nationalisme né en réaction au colonialisme japonais (1910-1945) dont la famille Kim est l'incarnation, détentrice à ce titre de l'identité nationale.

Dans un pays refermé sur lui-même comme l'est la RPDC, coupé de toutes autres références et entretenu dans la mentalité d'assiégé, le patriotisme cristallise l'adhésion populaire.

Mais les deux successions se situent dans des contextes différents. Kim Jong-il exerça le pouvoir dans l'ombre de son père pendant vingt ans avant d'y accéder. A 27 ans, Kim Jong-un aura peu de temps pour asseoir son autorité. En outre, sous un carcan en surface inchangé, la société nord-coréenne a évolué : l'économie parallèle, l'entrouverture à la Chine par le commerce légal et illégal ont entamé le contrôle sur la circulation des informations et, jusqu'à un certain point, les mécanismes coercitifs.

Souffrant de graves pénuries et objet de sanctions internationales renforcées, la RPDC est plus dépendante de la Chine. Dégager le pays de l'ornière économique est la condition impérative d'un transfert sans heurt du pouvoir. Kim Jong-il a promis qu'en 2012, centième anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, la RPDC sera un « pays fort et prospère ». Tenir cet engagement suppose de la dégager de son isolement actuel.
Pour la droite sud-coréenne, Pyongyang pourrait se livrer à des provocations comme lorsque Kim Jong-il fut désigné successeur : attentats à Rangoun contre le cabinet sud-coréen (1983) puis à bord d'un avion de Korean Air (1987).

Mais les experts de la RPDC, à Séoul, voient en Kim Jong-un un homme plus ouvert aux réalités extérieures et à « une évolution du régime sur le modèle chinois, impérativement recommandée par Pékin », avance Cheong Seong-chang, de l'Institut Sejong, à Séoul.
Le processus de succession, qui tend à garantir la continuité du régime en cas d'incapacité de Kim Jong-il, pourrait peser sur le jeu diplomatique. Jusqu'à présent, l'administration Obama a joué avec Pyongyang la carte de l'attentisme. « En recevant Kim Jong-il pour la seconde fois en six mois, Pékin a manifesté un soutien entier à Pyongyang.

Les Etats-Unis doivent en tirer les conséquences », commente Paik Hak-soon, de l'Institut Sejong. « La politique américaine de sanctions est peu efficace et un retour au dialogue doit être pris en considération », écrivait dans l'International Herald Tribune Donald Gregg, ancien ambassadeur américain à Séoul.

« Pour consolider la transition, estime Hitoshi Tanaka, ancien vice-ministre des affaires étrangères japonais, président de l'Institut de stratégie internationale à Tokyo, Kim Jong-il a besoin de l'extérieur et il faut s'attendre à des ouvertures de Pyongyang. »


(English) About 44,000 Japanese and U.S. troops are to start week-long joint military drills around Japan on Friday, 10 days after North Korea attacked a South Korean island, the JP government said. About 60 vessels and 400 planes from the two countries’ armed forces are to take part in the exercises in the Sea of Japan and near Okinawa island, which come two days after a joint drill between the United States and South Korea ended. The vessels include the US nuclear-powered aircraft carrier USS George Washington, which also participated in the drills in the Yellow Sea, and destroyers of Japan’s Maritime Self-Defence Force (Kyodo News)

Keen Sword is a regularly-scheduled exercise designed to strengthen U.S. and Japanese military interoperability and meet mutual defense objectives, according to exercise planners. Training events include integrated air and missile defense, base security and force protection, close-air support, live-fire training, maritime defense and interdiction, and search and rescue. Keen Sword is not designed to respond to, or mirror, any actual world events, nor is it directed at any nation. This training between Japan and the U.S. has been a routine, recurring event for many years. (US military authorities)

Regarding the Korean peninsula, Foreign Minister Yang Jiechi said all parties should remain calm and exercise restraint to bring the tense situation on the Korean Peninsula back to the path of dialogue and negotiation, and he emphasized that "China decides its position on the merits of the case and does not seek to protect any one side."



Sources: Dod, MoF, agencies, le Monde, Reporter's notes



Monday, November 29, 2010

La fuite! WikiLeaks veut mettre la diplomatie américaine dans l'embarras




L'espion espionné ?


Les 5 questions du reporteur et la complémentaire: le motif réel? Car, 250.000 documents, cela fait beaucoup, et des milliers de ces données seront anecdotiques et de peu de valeur, mais un tel volume fait que des milliers d'autres informations seront intéressantes, embarrassantes et confidentielles et elles sont aujourd'hui sur la place publique. Elles seront examinées, analysées en profondeur, évaluées et utilisées.

Même en se basant sur un très petit échantillon, une telle fuite est beaucoup plus dommageable pour les intérêts américains et la sécurité du pays et des autres nations que les récentes révélations des rapports militaires sur l'Afghanistan sorties cet été. Les rapports sur des opérations militaires sont à courte durée de vie. En revanche ces télégrammes et rapports du Département d'État américain décrivent et évaluent le leadership des dirigeants, la situation politique de ces pays en plus des conversations privées.

Chaque pays produit des rapports de ce genre, les dommages sont tels aujourd'hui que les États-Unis et le reste du monde sont considérés comme incapables de protéger leurs secrets d'Etats, et les conséquences sont graves car en plus des délits, des informations confidentielles ou secrètes sont révélées, plus que gênantes pour les interlocuteurs.

Enfin, des insultes ont été prononcées contre des dirigeants, et, sur des sujets tels que les Nations Unies, les pays arabes, et... l'Iran. La tempête pour les Etats-Unis et le bilan devra en être tiré par les plus hauts échelons. Tiens, Echelon, au fait...?


Les fuites WikiLeaks sur "Japon et Chine vu par le Département d'Etat" :

"Dans un télégramme confidentiel, daté du 8 mai 2009, intitulé "Relations sino-japonaises" et provenant de l'ambassade de Pékin: "... Kunio Umeda... a indiqué que le Premier Ministre Taro Aso en visite à Pékin du 29 au 30 avril, a déclaré que le premier ministre Wen Jiabao était "très fatigué et semblait sous pression" face à la crise économique, alors que le président Hu Jintao semblait "confiant et détendu."


Rappel des faits:

Le contenu de 250.000 câbles diplomatiques américains dévoilés par le site Wikileaks. Ces documents, qui étalent au grand jour les usages habituellement tenus secrets des Etats-Unis entre 1966 et aujourd'hui, ont été relayés par les grands titres de la presse mondiale.

Le Monde rejoint le New York Times, le quotidien britannique The Guardian et l'allemand Der Spiegel, déjà partenaires de WikiLeaks dans la diffusion d'une première vague de documents militaires américains sur l'Afghanistan, en juillet dernier.

Citation:

"Il est clair que la divulgation des télégrammes diplomatiques confidentiels d'une puissance comme les Etats-Unis, qui est au cœur de tous les sujets majeurs des relations internationales, l'étalage d'entretiens et de conversations tenus en toute confiance car ils ne devaient pas être connus du grand public avant trente ou quarante ans ne peut être anodine; c'est une dimension de l'action de WikiLeaks que nous avons évidemment mesurée. Mais à partir du moment où cette masse de documents a été transmise, même illégalement, à WikiLeaks, et qu'elle risque donc de tomber à tout instant dans le domaine public, Le Monde a considéré qu'il relevait de sa mission de prendre connaissance de ces documents, d'en faire une analyse journalistique, et de la mettre à la disposition de ses lecteurs," écrit le Monde.

Celui-ci est plus méchant:

Citation:

Espionnage : les ordres de Washington aux diplomates américains

La Intelligence Community (IC) des Etats-Unis comprend dix-sept agences et organisations. Il y a les plus secrètes, comme les célèbres Agence centrale de renseignement (Central Intelligence Agency, CIA) ou Agence nationale de sécurité (National Security Agency, NSA). Il y a les multiples départements spécialisés des forces de sécurité, armée et police. Et il y a, à un niveau d'engagement que les interlocuteurs des diplomates américains ne soupçonnent pas toujours, le département d'Etat. Les télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks et révélés par Le Monde éclairent le rôle des agents diplomatiques et consulaires américains, encouragés, puisqu'ils appartiennent officiellement à l'IC, à collecter des informations confidentielles et personnelles, y compris sur les amis de Washington.


La " National HUMINT Collection Directive " secrète adressée au fil de l'année 2009 par la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, aux ambassades américaines à travers le monde sur les " besoins " de Washington, réactualise une directive de 2004. Ces mémos sont parmi les plus longs et détaillés que ses services ont produit, chaque directive " HUMINT " (Human Intelligence, Renseignement humain) spécifiant les centres d'intérêt spécifiques à chaque pays et organisation internationale.

Nul ne s'étonnera des dizaines de pages détaillant les souhaits de Washington pour s'informer de la Palestine, de l'Iran ou du Venezuela. Les ordres précis se comptent par centaines, concernant aussi bien les transferts d'argent entre influents Palestiniens que la politique des pays africains concernant les casques bleus pouvant être porteurs du virus du sida. Le mémo rappelle, en préambule, que " l'Intelligence Community compte sur le département d'Etat pour beaucoup des informations biographiques collectées à travers le monde ".

Des détails troublants

Mais le mémo 219058, adressé à l'ambassade des Etats-Unis à l'ONU, à New York, éclaire à quel point les diplomates sont encouragés à ne respecter aucune règle de l'immunité diplomatique, sans parler de respect de la vie privée. Le secrétaire général des Nations unies, son secrétariat et ses équipes, les agences de l'ONU, les ambassades étrangères et les ONG présentes à Manhattan, sont ainsi, sans même présumer du travail des agences de renseignement, soumis au regard intrusif de la mission diplomatique américaine.

" Les rapports doivent inclure les informations suivantes, précise la directive : noms, titres et autres informations contenues sur les cartes de visite ; numéros de téléphone fixes, cellulaires, de pagers et de fax ; annuaires téléphoniques et listes d'emails ; mots de passe internet et intranet ; numéros de cartes de crédit ; numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes ; horaires de travail… " Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, et ses collaborateurs savent-ils que les diplomates américains avec lesquels ils déjeunent ont reçu l'ordre de noter leurs numéros de cartes de crédit personnelles, ou que ceux avec lesquels ils voyagent doivent transmettre leurs numéros de cartes de fidélité des compagnies aériennes ? Et qu'ils sont encouragés à mémoriser les mots de passe de leurs ordinateurs ?

Les diplomates américains à l'ONU doivent transmettre " toute information biographique et biométrique " sur leurs collègues des pays du Conseil de sécurité, y compris les alliés britanniques et français, et sur les dirigeants de nombreux pays. La consigne " biométrique " revient dans presque tous les mémos : il faut se procurer " les empreintes digitales, photographies faciales, ADN et scanners de l'iris " de toute personne intéressant les Etats-Unis.

Certains ne seront peut-être pas surpris que les ambassades américaines appartiennent à ce point à la communauté du renseignement. D'autres, qui croient entretenir des relations de confiance avec des diplomates, réfléchiront avant d'accepter une photo souvenir, ou de laisser leur ADN sur un cheveu retrouvé dans le col d'un manteau au vestiaire de l'ambassade.


Les Nations Unies dans la tourmente

Citation:

"Le journal britannique The Guardian a écrit que le département d'Etat a demandé dans une directive à ses diplomates de reccueillir des informations sur "le style de travail et de prise de décision" du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon. Selon le quotidien londonien, Washington réclame également des informations très précises sur des fonctionnaires des Nations unies: numéros de carte bancaire, adresses électroniques, numéros de téléphone et même numéros de carte de fidélité auprès de compagnies aériennes."

Fin de citation

J'ai parlé du journal Le Monde car en France nous avons une presse libre et démocratique, diverse, et dans tous les cas ouverte sur le monde, répondant aux aspirations des audiences, ainsi le service public a beaucoup changé depuis les années 80, avec des rédactions plus structurées qui offrent un panorama d'idées, de réflexions, d'enquêtes et de réformes. Impact non négligeable. Il n'y a pas que CNN ou BBC ou Al Jazeera, toutes excellent dans le métier, mais aussi TV5 et France 24, Radio France et Radio France Internationale - RFI, France Télévision et les nouvelles venues du privé qui sont très performantes comme le groupe BFM, i-télé et d'autres faites par des journalistes et des commentateurs, mission garantie d'indépendance, d'objectivité et de pluralisme. Internet arrive un peu comme un pavé dans la mare, utile, parfois redoutable, mais nos réflexes de journalistes existent dans chaque élaboration de nouvelles diffusées aux publics.
   
Julian Assange qui a ouvert la boite de Pandore est le rédacteur en chef controversé de Wikileaks, porte le numéro 68 dans le classement 2010 du magazine "Forbes" sur les personnes les plus puissantes de ce monde. Il y a fort à parier qu'il va gagner des places en 2011. Le numéro 1 du classement Forbes est le président chinois Hu Jintao.


To end a TV report on the first hours of the leakage by RT




Sources: Agences, Le Monde, Catalogue Lumière, RT, Reporter's notes.


Sunday, November 28, 2010

Power Politics Flying High above Korea and Japan


Okinawa elections fueled by citizens' anger at US military base


One major issue is the future of the US military forces stationed on the Okinawa island since 1945. In particular, the Marines forces base relocation to Henoko is a major disagreement on the islands. Activists and residents complain they can't bear any longer with noise, pollution and contribution to crime on the southern islands. But Japan's local and national government dual positions could ignite further tension in East Asia.

Okinawa Sunday’s gubernatorial election involves major candidates such as incumbent governor Hirokazu Nakaima against the former mayor of Ginowan City, Yoichi Iha. Relocating Futenma Marine Corps Air Station is one of the core issues in Sunday’s election, with Nakaima insisting it needs to move "outside the prefecture", while his opponent is demanding the base be moved completely "overseas or out of the prefecture." The overseas option preferred by Iha garnered 57% of the votes, while "within Okinawa Prefecture" scored 18% and move to "mainland Japan" picked up 15% of the local poll votes. (Agencies polls)

In the survey over the weekend, 49% of respondents said the economy was what the candidates should be worrying about, while only 36% felt the "base problem" as important. Analysis of those responses showed that those concerned about the economy tended to support Nakaima, while those worried about the base relocation were backing Iha.


In the background of Okinawa election all appears as a never ending psychological battle between Japan and the United States. On one hand, both state that they are to strengthen bilateral defense cooperation in the event of a contingency in Japan such as the North South Koreas historic disputes. On the other hand, powerful citizens movements and Japanese business lobbies appear as involved to get rid of the US forces off Okinawa to transform Okinawa into a paradise for tourism industry.

The result of the Okinawa election is to be quite a sport for Japanese Prime Minister Naoto Kan and U.S. President Barack Obama as both agreed in their meeting in Yokohama on the sidelines of the Asia-Pacific Economic Cooperation forum summit to issue a joint statement on deepening Japan-U.S. security ties when Kan visits the United States next spring 2011. How deep?

The military aircraft carrier USS George Washington

The Okinawa election happens while the United States and South Korea began a planned 4 days of naval exercises today seen as a warning to North Korea after last week’s with deadly artillery attack on a island populated by South Koreans in the Yellow Sea during South Korean military naval drills.

"This weekend's arrival of a U.S. aircraft carrier in the Yellow Sea aggravates tension in the region according to Beijing: Should it protest angrily and aggravate ties with Washington, or quietly accept the presence of a key symbol of American military pre-eminence off Chinese shores" comments the center left Mainichi Shimbun (curiously) quoting an AP dispatch on its web, Nov 27th.

Alarming today, BBC aired, is that for a while "North Korea has moved surface to surface missiles on her coast with ROK" today Nov 28. Orders and counter orders were given, making the population worried with intense psychological maneuvering flying high on the Far East agenda these days. "These naval drills alarm China and North Korea," according to Japanese and western media. Really? For whom? "Actually, Chinese media focus more on the closure of the Asian Games than on a tense military tension that appears as a power game played by Japan ROK and initiated by the US to grab control of the Far East seas situation," according to some sources. The Chinese media are more on festivities than tension, as seen here: http://bit.ly/gOB7GC


Indeed, some speculate on the real motives behind this tension in the Far East seas: Tobias Harris wrote on his blog 'observingjapan': "Can we really draw a straight line from regional instability to closer security cooperation between the US and Japan? Arguably this logic has worked in the past, with North Korean provocations from 1994 onward stirring Japanese policy-makers to bolster Japan’s capabilities and launch new bilateral initiatives with the US, ballistic missile defense being perhaps the most notable example. And there are signs that the DPJ-led government is remarkably more realist in its approach to the region than many expected."

We have long valued here too the fact that the US Japan military alliance is getting old, and remains of a limited security relationship which basically focusses on deterrence in and around Japan and it is better than having any other plan for the alliance that so far only benefits systems rather than people. Last week DPRK shelling were contained to a limited area. Much talked about by media under control in ROK and Japan. Beijing since entered in diplomatic talks with all rulers of this part of the world.

Chinese submarine monitoring the Asian seas

For the time being, China and DPRK try to contain their reaction. Lots of diplomatic negotiations went on in the last few days. Violent tones of angry generals versus lamenting statements of uncommitted politicians were heard in Japan and Korea. After all, North Korea called the civilian deaths in the attack on Yeonpyeong Island "regrettable" in a quite outstanding gesture coming from this regime unaffected by respect of human rights and freedom of thoughts. Naturally, the announcement of the ROK drills last week angered both North Korea and its main ally in the region, China.

And to this day, it remains unexplained who exactly shelled and bombed in the first time. According to Nov 26th story in the Chosun Ilbo http://bit.ly/eIuB40 Quote: "The North Korean military moved a battalion of 122-mm Multiple Launch Rocket System shells from the Fourth Corps to a coastal artillery base in Kaemori in Kangryong, South Hwanghae Province just before shelling Yeonpyeong Island on Tuesday, but despite detecting the move in advance, the South Korean military fired back at the base along the shoreline in Mudo, not Kaemori. This raises concerns about the ability of the military to deal with attacks." Unquote.


Next? After Okinawa election, a citadel for the US military forces and the control of their interests in the Far East, Chinese president Hu Jintao is scheduled to make a state visit to Washington in January 2011, prior to Kan's visit to DC. The dinner is to be hosted by US president Barack Obama with a state dinner, something unseen for a long time at the White House --I'm told that President George W. Bush never gave such dinner to a Chinese leader--

Prior to this visit and anterior talks between US and Chinese military top generals, General Ma Xiaotian, one of the commanders who objected to the George Washington's deployment earlier this year, is to go to Washington for defense consultations. Until January 2011, everyone involved in politics in the East Asia region will play their respective tricky power-games.


The military and nuclear weapons armada of Pyongyang remains a threat to South Korea and the whole of Asia and sanctions have never limited Pyongyang's power games in spite of the UNSC rhetoric and China leverage. Democracies have failed in their moral responsibility.

DPRK and the Kim's dynasty remain entrenched into an illogical situation for Asia watchers and conflicting historians (while distant war mongers go for the kill, others favor negotiations and remedies) but is it just China's responsibility and America's problem? How could the world get along and secured with a simple truce on the Korean peninsula and the China Taiwan division for such a long time while Asian societies are calling for a politically autonomous, mature and developed Asia?

"Strategic trust is almost zero among the players involved. The efforts China makes in promoting regional stability are often offset by US strategic intentions in the western Pacific. China's efforts also often get the cold shoulder by North Korea. The "on again, off again" Six-Party talks best exemplify the difficulty." Global Times wrote Nov 26.

Here, I would agree that the answer is to come from Beijing and the other members of the UNSC as many expect a shift of attitudes and condemnation on the latest military development, allegedly provoked by North Korean leader Kim Jong-Il. The DPRK nuclear issue being part 2. Patience is great virtue in Asia until it appears as a weakening of authority and of members' international responsibility. For the time being, citizens are getting nervous, agitated and worried in such a context which does not favor stability and safety.

Sources: Agencies, Reporter's notes.


Thursday, November 25, 2010

Korean peninsula: How to persuade both to behave "sensibly and responsibly ?"


Was the South Korean answer to the shelling by North Korea appropriate?


No. As the Chosun Ilbo (conservative) answers in today's edition. Quote: "The South Korean military bombarded barracks near North Korean coastal artillery batteries in response to the North's attack on Yeonpyeong Island Tuesday instead of the batteries themselves, which it said would have been "difficult." Statement made by a ROK Joint Chiefs of Staff spokesman: "When the military fired back with K-9 self-propelled guns, it targeted not the North Korean Army's coastal artillery batteries but their barracks."

He said it would have been "difficult" for howitzers "to hit North Korea's coastal artillery batteries directly because they are positioned in caves. Therefore, we considered pulverizing auxiliary facilities such as barracks so that they can't operate the batteries properly. But that may have twice allowed the North Koreans to continue firing shells for nearly an hour Tuesday. Some experts say that F-15K and KF-16 fighters, which were scrambled in the attack, should have launched a surgical strike at the batteries."

Chosun report: http://bit.ly/eIuB40

DPRK does not accept the UN demarcation line running through maritime territories drawn after the 1950-53 Korean war. In a statement attributed to a foreign ministry spokesman, the North reiterated its case that Seoul provoked the attack by carrying out live-fire exercises on the island that sent shells into waters claimed by the North. "The enemy fired shells from the islet which is so close to the territory of the DPRK that it is within each other's eyeshot."


Beijing situation is uncomfortable, China "was concerned about the situation on the Korean Peninsula after the deadly exchange of fire between the Democratic People's, and persuaded the two Koreas to behave sensibly and responsibly, and urged for calm and restraint" (Chinese foreign ministry)

And Japan takes the hard line: Pyongyang's shelling of a South Korean island Tuesday was "an extremely serious incident," Naoto Kan said at a session of the Diet, (Lower House's budget committee) "We must firmly deal with it, and in that sense, it is an emergency." Kan said while trying to battle the drowning of his support rating. Kan's cabinet fell to a new low of 23.6% in a Kyodo News survey released Wednesday, down 9.1 percentage points from the previous poll earlier this month.

Although Narushige Michishita, a security expert at the National Graduate Institute of Policy Studies in Tokyo analyzes that the "North’s pattern of provocation suggests it is holding out for a peace treaty to replace the old armistice. That is something however that America will not grant, he said, unless North Korea makes nuclear concessions first. In the meantime, US’s state department insists it will not “buy into this reaction-reward cycle that North Korea seeks to perpetuate”. (Quotes of the Economist)


Following is that the U.S. Defense Department on Wednesday said it is deploying the USS George Washington aircraft carrier strike group to join the Republic of Korea (ROK)'s naval forces for joint exercises in waters off the west coast of the Korean Peninsula next week, but "the drills were planned well in advance of incidents on the peninsula this week and will take place from Nov. 28 to Dec. 1. Pentagon spokesman Dave Lapan said and emphasized that the intent of the exercises is to "enhance our interoperability with the Republic of Korea, but also as a deterrent" to the Democratic People's Republic of Korea (DPRK)."


To answer to the question raised in the title: this is from the Hindu, an interesting editorial summarizes the new episode of decades' old tension on the Korean peninsula. Quote:

"The exchange of shellfire between the Democratic People's Republic of Korea and the Republic of Korea on November 23, 2010, constitutes one of the most serious escalations of regional tension since the Korean War armistice of 1953. The immediate context of the incident is the South's annual military exercises, which include participation by some of the 28,000 U.S. troops based in South Korea.

The North has called the drills “dangerous war games,” adding that the naval element thereof is especially provocative. On this occasion, North Korea warned the South to cease naval exercises near the marine border, the Northern Limit Line (NLL) in the Yellow Sea; when Southern forces commenced artillery fire into disputed waters, Pyongyang responded by shelling Yeonpyeong Island, which lies just south of the NLL. Two South Korean marines and two civilians were killed, and 18 other people injured. The U.S. has condemned North Korea's action, saying it violates the armistice agreement; Russia has stressed the importance of non-escalation; China has called on both sides to do more to strengthen regional peace and stability; and U.N. Secretary-General Ban Ki-moon has advocated restraint. What is clear is that both parties have been in the wrong in bringing about this crisis.

While both Koreas appear cautious about further escalation, the North is almost certainly expressing intense frustration at Southern actions and the continuing international isolation to which it has been subjected..."

The Hindu entire editorial http://bit.ly/gXnjAK

Sources: Agencies, Chosun Ilbo, WSJ, Economist, Hindu,
Ministries Defense and FA, ROK, China, US, Reporter's notes


Wednesday, November 24, 2010

Tokyo No. 1 in the world


Guide Michelin's Jean-Luc Naret and Bernard Delmas
and the 2011 Three Stars Laureates with "BIB"


The Guide Michelin 2011 embraces Tokyo, Yokohama and Kamakura with 14 honored of the three stars macaroons ! More than Paris!

Tokyo capital of world gastronomy in the new Guide Michelin 2011 with her 2 neighbors totalize 14 restaurants with 3 stars, 54 with 2 stars and 198 with 1 star. 75 restaurants in TYK joined the Guide Michelin this year.

The press conference and a great party were held today at Yokohama in Osanbashi, facing the sun illuminated bay with Michelin BiB and hundreds of guests including Mayor Fumiko Hayashi --on the right of the photo--.

The latest edition includes Tokyo and also her neighbor capital of Kanagawa prefecture Yokohama and former Capital of Kanto: Kamakura.

This year of economic hardship includes a new feature, an image of a pile of coins, indicating if a Michelin rated restaurant offers a menu under Yen 5,000 (45 Euro, 60 US Dollars)

Proof that quality does not mean costly!


Sources: Reporter's Notes, Michelin, Agencies


Tuesday, November 23, 2010

Montée de tension sur la péninsule Coréenne!


Manoeuvres militaires sud coréennes et riposte de
Pyongyang, provocation ou déstabilisation de la
dictature nord coréenne?


Des tirs d'obus nord-coréens bombardant un terrain
militaire situé sur une île de Corée du Sud proche de
Incheon alors que Séoul opérait des manoeuvres
militaires. Incidents à moins de 10 km de la frontière
Nord et Sud.


Corée du sud, île de Yeonpyeong


La Corée du Nord a tiré mardi 23 novembre des dizaines
d'obus sur une île de Corée du Sud, tuant et blessant,
et déclenchant des tirs de riposte de Séoul et la mise
en état d'alerte maximum des forces du Sud.

Ces affrontements, qui sont parmi les plus graves
depuis la guerre de Corée (1950-1953), ont avivé les
tensions dans la péninsule, après la révélation d'un
programme d'enrichissement d'uranium mené par
Pyongyang.

Une cinquantaine d'obus, selon la chaîne de télévision
YTN, sont tombés sur l'île de Yeonpyeong (un millier
d'habitants), située en mer Jaune, dans une zone
disputée par les deux Corées, théâtre d'autres
incidents par le passé. Un soldat a été tué par les
tirs d'obus et 13 ont été blessés, a annoncé
l'état-major sud-coréen.

L'île de Yeonpyeong est située juste au sud de la ligne
frontalière décrétée par les Nations unies après la
guerre de Corée, mais elle se situe au nord de ligne de
partage revendiquée par Pyongyang. De graves incidents
navals s'étaient produits dans la même zone en 1999,
2002 et en novembre 2009.

Ces tirs interviennent alors que l'existence d'un
programme d'enrichissement d'uranium en Corée du Nord a
été révélée par un scientifique américain, accroissant
la tension et l'inquiétude des Etats-Unis et de leurs
alliés.

La Chine a fait part de sa "préoccupation" et jugé
"impératif" de relancer le processus de négociations à
Six sur le programme nucléaire nord-coréen. Moscou a
mis en garde contre une "escalade".

Le Premier ministre japonais Naoto Kan a demandé pour
sa part à ses ministres de se préparer à "toute
éventualité". A Séoul, l'état-major sud-coréen a
confirmé que des obus avaient atteint l'île où se
trouve un détachement de l'armée. D'autres sont tombés
en mer.

L'armée sud-coréenne a riposté aux tirs d'obus
nord-coréens, a annoncé le ministère sud-coréen de la
Défense, qui a placé l'armée en état d'alerte maximum.
"Une unité d'artillerie nord-coréenne a déclenché des
tirs de provocation à 14h34 heure locale et les troupes
sud-coréennes ont immédiatement répliqué", a précisé un
porte-parole du ministère de la Défense.

L'armée sud-coréenne a procédé à 80 tirs de riposte, a
indiqué le ministre de la Défense, Kim Tae-Young.
"L'armée de l'air et la marine menaient des exercices
navals et le Nord semble avoir ouvert le feu pour s'y
opposer", a indiqué un responsable militaire cité par
YTN. L'armée sud-coréenne a donné l'ordre à ses avions
de combat de survoler l'île, a ajouté YTN.

Le président sud-coréen Lee Myung-Bak a tenu une
réunion d'urgence, a annoncé un porte-parole de la
présidence. "Il se trouve maintenant dans une salle
souterraine pour discuter des réponses possibles, avec
ses ministres et les conseillers à la sécurité. Nous
suivons la situation de près", a-t-il indiqué. Le
président Lee a ordonné aux responsables de "gérer (la
situation) au mieux pour éviter une escalade", selon le
porte-parole.

Selon un habitant de l'île de Yeonpyeong, cité par la
chaîne YTN, une cinquantaine d'obus sont tombés sur
l'île, causant des dommages aux habitations. "Au moins
10 maisons ont brûlé.

On nous a donné l'ordre par haut-parleur de quitter nos
maison", a déclaré Lee Jong-Sik, un autre habitant de
l'île. Des images de télévision ont montré des
colonnes de fumée montant de l'île. "J'étais chez moi
mais soudain j'ai entendu un énorme bruit dehors.

Quand je suis sorti, le village entier était en feu", a
témoigné un habitant cité par Yonhap. Les habitants
ont été évacués vers des zones sûres et l'armée et la
police dénombre les blessés, a précisé YTN.

Ces échanges de tirs interviennent alors que
l'émissaire américain pour la Corée du Nord, Stephen
Bosworth, a quitté Tokyo pour Pékin. Il devait y
rencontrer mardi des responsables chinois pour évoquer
le dossier de la Corée du Nord, quelques jours après la
révélation de l'existence d'un site d'enrichissement
nucléaire.

Sources: Agencies, YTN TV, Reporter's notes.

Sunday, November 21, 2010

Ombres et lumières japonaises



Automne, la métaphore de l'univers et de la vie humaine


Au Japon, les semaines qui viennent seront colorées, autour aussi... "Ici, le bruissement de la vie bat comme un coeur silencieux. Et à la pointe de cette symphonie réglée et orchestrée par le silence obscur, c’est la lumière d’automne qui émane et en-deçà, le silence intérieur. "La vraie lumière comme telle" décrite par Bashô rayonne et ruisselle. Et c’est le jeu des antagonismes entre lumière et ombre, murmures imperceptibles et silence pressentis qui est maître d’oeuvre."

Sur une branche morte
un corbeau s’est posé
crépuscule d’automne

Bashô


En Europe, Victor Hugo, lui, a dominé le 19è siècle de son oeuvre. Il s'est imposé comme "le théoricien et le chef de l'école romantique mais la haute conception qu'il se fait de sa mission d'écrivain l'a amené à s'engager dans l'action politique pour mettre son art et sa personne au service des hommes." Il a prouvé que s'il est un état qui réunit les esprits, c'est bien la poésie, et sa célébration de la culture, des cultures.

Dans son oeuvre, la diversité renforce le sentiment d'humanité en reconnaissant qu'il existe d'autres manières de voir le monde, sans nier l'humanité des autres cultures, et cela revient à reconnaître la subjectivité, la relativité. La diversité, dans le respect, apprend ainsi l'humilité et à réfléchir sur les volontés de toute-puissance. Exemple:

Les siècles sont au peuple
par Victor Hugo (1802-1885)
(In L'année terrible)

Les siècles sont au peuple ; eux, ils ont le moment,
Ils en usent. Ô lutte étrange ! Acharnement !
Chacun à grand bruit coupe une branche de l'arbre.
Là, des éclats d'airain, là, des éclats de marbre ;
La colonne romaine ainsi que l'arc français
Tombent. Que dirait-on de toi si tu faisais
Envoler ton lion de Saint-Marc, ô Venise !
L'histoire est balafrée et la gloire agonise.
Quoi qu'on puisse penser de la France d'hier,
De cette rude armée et de ce peuple fier,
Et de ce que ce siècle à son troisième lustre
Avait rêvé, tenté, voulu, c'était illustre.
Pourquoi l'effacement ? qu'a-t-on créé d'ailleurs
Pour les déshérités et pour les travailleurs ?
A-t-on fermé le bagne ? A-t-on ouvert l'école ?
On détruit Marengo, Lodi, Wagram, Arcole ;
A-t-on du moins fondé le droit universel ?
Le pauvre a-t-il le toit, le feu, le pain, le sel ?
A-t-on mis l'atelier, a-t-on mis la chaumière
Sous une immense loi de vie et de lumière ?
A-t-on déshonoré la guerre en renonçant
A l'effusion folle et sinistre du sang ?
A-t-on refait le code à l'image du juste ?
A-t-on bâti l'autel de la clémence auguste ?
A-t-on édifié le temple où la clarté
Se condense en raison et devient liberté ?
A-t-on doté l'enfant et délivré la femme ?
A-t-on planté dans l'homme, au plus profond de l'âme,
L'arbre du vrai, croissant de l'erreur qui décroît ?
Offre-t-on au progrès, toujours trop à l'étroit,
Quelque élargissement d'horizon et de route ?
Non ; des ruines ; rien. Soit. Quant à moi, je doute
Qu'on soit quitte pour dire au peuple murmurant :
Ce qu'on fait est petit, mais ce qu'on brise est grand.


Sources: Règles du haïku, Prose poétique,
La revue du haïku. poesies.net, Victor Hugo.info
poesie.webnet.fr