Friday, August 29, 2008

Haute tension Caucasienne

"Architecte en 1980 de la très périlleuse stratégie afghane de Washington (soutenir militairement les "islamistes" pour vaincre les communistes...), M. Zbigniew Brzezinski a détaillé l’autre volet du dessein américain : « La Géorgie nous ouvre l’accès au pétrole et bientôt au gaz de l’Azerbaïdjan, de la mer Caspienne et de l’Asie centrale. Elle représente donc pour nous un atout stratégique majeur. » M. Brzezinski ne saurait être soupçonné de versatilité : même quand la Russie agonisait, au temps de Boris Eltsine, il voulait la chasser du Caucase et de l’Asie centrale pour garantir l’approvisionnement énergétique de l’Occident. Depuis, la Russie va mieux, les Etats-Unis moins bien, et le pétrole coûte plus cher. Victime des provocations de son président, la Géorgie vient de subir le choc de ces trois dynamiques." Serge Halimi. (1 Click sur le titre pour lire le papier).


Ivane Matchavariani, ambassadeur de Géorgie

J ai rencontré ici Ivane Matchavariani, l'ambassadeur de Géorgie, récemment, et il me disait clairement que les images satellites reçues des américains (qui ont conduit aux opérations vers l'Ossétie du sud) témoignaient de ces intenses préparatifs militaires des armées russes. "Il fallait donc gagner du temps" me disait-il. Il ne m'a pas convaincu sur les intentions de son pays face au grand voisin, sauf peut-être sur le nombre de personnes victimes des combats qu'il estime "on the record" a bien moins que ce qui a été écrit... Mais il était très sympathique et "émotionnel", un peu trop même. En revanche il est difficile de rencontrer l ambassadeur russe. Ces ambassadeurs russes qui sont postés ici ont eu des carrières de premier plan. Comme Alexander Losyukov. Pas des enfants de coeurs comme ceux brisés des Géorgiens. Et pour quelques temps encore.

Ici il nous manquerait presque une émule de Richard Sorge... pour faire le point "non déjanté" sur les intentions énergétiques russes, en Extrême Orient dans le Caucase et vers le Moyen Orient... et sur les intentions des US et de l'Otan. Je parle de cela, car, en Asie centrale et Asie "des baguettes", la veille, "l'espionnage économique", (si tant est qu'il existe de 09h00 a 17h00 dans les ambassades et les cabinets de consultants étrangers) est en train de conduire les gens (policy makers, analystes, médias etc.) vers des délires nées des jets de bile paranoïaques des Brzezinski et autres apprentis sorciers qui bouffent effectivement du russe depuis les 90's.

Ceux-la même qui, hasard, "préparent" l'élection de McCain contre "le Kenyan" Obama comme ils disent en Alabama ou dans le Mississippi, la ou les pendaisons de "Niggers" ont longtemps rythmé l'air du temps, avec les meurtres de pasteur, tel Martin Luther King et bien d'autres. Ils ne semblent pas lire les journaux au-delà de la météo du jour...

Tandis que les locaux, a l'Est de la mer Noire, font bien jouer les liens constitutifs qui ressemblent au début du commencement d'une sorte d'espace éco-politique et culturel asiatique. Comme le passionnant "Groupe de Shanghai" en réunion ces jours-ci a Douchanbe.

Wednesday, August 20, 2008

La fin de l'histoire, pour les nuls

Faut il supporter la pub surprenante du Monde du 19 Août pour 2 ouvrages qui ont servi de porte-flambeau aux thèses du clan Bush. Ou comment Fukuyama a vendu la guerre en Irak aux américains et aux caniches a la botte et s'est planté sur l'Irak, en recommandant de l'envahir même sans motif (les ADM).

Le même Fukuyama (que j'ai interviewé il y a quelques mois, et le bonhomme est barbant) s'est également planté sur la naturelle évolution de la Chine vers la démocratie, prétextant que sa démocratisation était acquise puisque la Chine suivrait le libéralisme mercantile des US... On verra qu'il n'en est rien (fermeture des marchés, dumping, emprisonnement de l'épargne, ce que fait le Japon aussi) et que le régime autoritaire chinois ne s'engagera pas de sitôt vers une libéralisation des esprits et des gestes.

Donc, le dossier Rétrolecture du journal le Monde, même vu comme un pied de nez, ne fait-il pas perdre du temps aux esprits moins audacieux? Ou s'agit-il d'engager les lecteurs a sympathiser étrangement avec ces grandes manoeuvres hasardeuses dont on voit en Afghanistan, en Irak, a l'égard de la Chine, qu'elles ne mènent pas loin, sauf au désastre? Juste une opinion.


Mao Zedong 7eme Congres du PCC, Yan'an, Shaanxi, 1945

Et puisque la mémoire est un bien précieux et mal partagé, les porte flambeaux de la Chine qui se gargarisent des prouesses du régime feraient bien de lire ce qu'il est advenu aux thuriféraires de la bande a Mao entre 1938 et 1947 a Yan'an (Yenan). Les pères fondateurs ont su inspirer les meurtriers de la Révolution Culturelle en Chine et de l'Angkar dans le Cambodge "des Années Zéro".

"Il y a dans la psychologie des dictateurs un fond commun de paranoïa agressive, associée, dans la période de leur déclin physique et intellectuel, à une perte du sens du réel qui engendre les pires désastres."
Sur la Chine, la collection d'articles de Jacques Andrieu, cliquer sur le titre.

Mes conversations avec mon regretté collègue John Roderick (ancien de l'OSS, les services secrets américains, et reporteur d'une agence de presse (AP) qui a rencontré Mao a Yan'an en février 1946) au club des Correspondants de Tokyo, m'ont fortement intéressé sur le sort réservé aux opposants de Mao, dans les grottes de Yaodong. Auto-critiques et assassinats de "contre-révolutionnaires", ses opposants.

Saturday, August 09, 2008

Des nids d'hirondelles et des jeux!




[Mise a jour / Update: "Les autorités chinoise ont reconnu que le programme télévisé de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin comportait des images truquées et prémontées de feux d'artifice." "The broadcast of the Beijing Olympics opening ceremony used computer-generated fireworks, including a fake shake to simulate helicopter filming Chinese officials said" ... A suivre]

Le spectacle de la cérémonie d'ouverture des JO 2008 de Pékin, 100 millions de $, et ce coureur (athlète ou pantin) ne faisaient nullement regretter l'absence de Spielberg et de Hollywood, car naturellement la culture, si brillante dans le monde Chinois, a toujours échappé aux oppresseurs. Hélas, rien dans ce show hi-tec du niz d'hirondelle enflammé n'évoquait le demi-siècle écoulé, ses transformations, le douloureux héritage vécu et le présent de la Chine de 2008. Comme un défi lancé à la face des chinois et du monde extérieur, les redoutables feux d'artifices, bientôt éteints et avec eux l'esprit de fête, ne symboliseraient-ils qu'un rêve virtuel de domination et de vanité?

On peut lire que "L'écrivain Roger Faligot, spécialiste des services secrets chinois, s'est dit impressionné par le piratage par Reporters sans frontières (RSF) d'une fréquence FM à Pékin pour évoquer la liberté d'expression en Chine, 12 heures pile avant l'ouverture des JO. "Le dispositif mise en place par les Chinois à l'occasion des JO est pourtant le plus important jamais monté à l'occasion de ce type d'événement". Roger Faligot évalue à "300.000 ou 400.000 personnes", le nombre des Chinois des services de renseignement et de sécurité affectés à la surveillance des JO de Pékin.


Manifestation virtuelle de RSF sur Internet lors des JO de Pékin 2008

Sur l'attaque dont a été victime le site internet de Reporters sans frontières, cet expert a affirmé qu'il "était étonné que cela ne soit pas arrivé plus tôt" mais sans mettre en cause directement les services spécialisés chinois. Roger Faligot a relevé que, selon le site du quotidien de l'Armée populaire, la coordination offensive et défensive de la guerre cybernétique avait été confiée à la sécurité militaire mais sous la tutelle directe du département de l'Armée populaire de libération (APL), un "fait très nouveau".



Je me disais bien que j'avais eu des problèmes avec Internet ces derniers temps...

A lire aussi dans les Echos du 6 Juillet:
LA CHRONIQUE DE FAVILLA: La Chine a déjà perdu les JO
"Ensuite, compte tenu des engagements pris devant le CIO, on aurait pu espérer pendant cette période que la Chine gère avec un peu de subtilité la question des droits de l'homme. Or on a eu droit à un festival de répression, depuis les massives mises à l'ombre de dissidents tibétains ou tout simplement démocrates, jusqu'aux refus de visas de certains journalistes, en passant par le blocage à géométrie variable de l'accès aux sites Internet et la transformation de Pékin en ville en état de siège avec blindés et batteries de missiles, comme si les militants ouïgours étaient devenus en un mois un péril imminent... jusqu'à l'attentat de lundi qui leur a été imputé. Enfin, « last but not least », l'ambassadeur de Chine à Paris s'est permis d'ajouter l'arrogance à l'inconvenance en menaçant la France de foudres célestes si le président de la République osait recevoir le dalaï-lama. Avant cet épisode olympique, l'image de la Chine dans le monde était presque tout entière colorée par son exceptionnelle réussite économique. En quelques semaines, elle a commis, sur le terrain politique, toutes les erreurs conduisant à ce qu'elle apparaisse d'abord comme une dictature et en second lieu seulement comme un géant économique. Les Jeux seront sûrement un magnifique spectacle ; mais pour la Chine, ils sont déjà perdus."

Perdu? Non, pas pour tout le monde. A suivre...

Wednesday, August 06, 2008

CHINE & JAPON: Presse gâtée...

A propos de la pratique quotidienne du journalisme en Chine et au Japon.



Censure, collusion ou répression.

Deux journalistes japonais, qui couvraient lundi les suites de l'attentat à Kasghar dans le Turkestan Chinois, ont été brutalisés par la police chinoise qui leur a ensuite présenté des excuses. Un fait de plus à mettre au compte des autorités chinoises, dans cette période hystérique précédant les JO de Pékin 2008. Mais les médias japonais auraient tort de se croire innocents et feraient bien de réfléchir sur l'état des lieux de la presse dans leur propre pays, le Japon.

Nous sommes 560 professionnels des médias internationaux qui travaillons a Tokyo et sommes réunis au sein du FCCJ et du FPIJ, le club des correspondants permanents de la presse étrangère au Japon, 560 journalistes dont les 3/4 sont actifs, les autres étant des journalistes issus de la presse japonaise anciennement en poste outre-mer, sur un effectif total de 2.200 membres (entreprises, organisations professionnelles, ambassades, membres individuels, etc). Au FCCJ de Tokyo, nous sommes des journalistes étrangers, accrédités par des journaux, hebdomadaires, télévisions, radios, par des sites Internet, auprès des autorités japonaises compétentes, le ministère japonais des affaires étrangères. Nous accueillons tous les journalistes étrangers de passage au Japon ainsi que la presse japonaise, libre de venir assister a nos événements. (Conférences de presse, débats, films, bibliothèque, restaurants).


Conférence de presse au FCCJ, Tokyo

Certains d'entre nous sont également accrédités en Corée (ROK) et en Chine (RPC). Après les difficultés rencontrées a l'occasion des manifestations Tibétaines, du séisme du Sichuan et des préparatifs des JO de Pékin, nous avons réussi a nous mettre d'accord sur un communiqué de protestation adressé hier lundi a la Chine et au CIO. Pour le consulter en ligne: Cliquer sur le titre de ce post.

Chine et Japon, les mêmes fantômes

La situation des médias en Chine, on le sait, est qu'il n'y a pas de liberté de la presse. De nombreux confrères et consœurs en savent quelque chose. C'est devenu une loterie avec risque de coups de matraques a tous les coins de rues, a tous les carrefours, sur toutes les places... a moins de jouer les thuriféraires officiels des gouvernements et régimes en place.

La situation japonaise, et cela on le sait moins, est que partout au Japon (depuis 1890!) des "clubs de presse", les Kishas clubs, bloquent l'accès et la diffusion des informations au monde extérieur. Ces clubs de presse japonais sont ouverts exclusivement a 5 grand quotidiens et 5 TV nationales et a des agences de presse japonaises et étrangères (gouvernement, administration, grandes entreprises, municipalité, commissariats, partis politiques, la Bourse de Tokyo, la banque du Japon, Palais Impérial etc). Il est interdit a un journaliste japonais ou étranger non membre du Kisha club d'assister a un événement média, une conférence de presse, et de poser une question dans ces "clubs de la censure japonaise". Les free lancer non accrédités, les photographes en particulier, rencontrent des difficultés quasi insurmontables. Les médias japonais se veulent être le fruit d'une élite, et considèrent comme inutile et dangereux d'introduire des "parasites" dans le système médiatique de l'archipel.

Concurrence déloyale et inéquitable

Les agences de presse étrangères (AP, Reuters, Bloomberg, Afp) ont réussi a se mettre d'accord pour s'imposer (grâce aux efforts "physiques" de Bloomberg en particulier) mais se bagarrent entre elles pour faire le commerce de cette information précieuse et surtout des images TV et Photos. Souvent les agences de presse veulent être les seules a "transmettre l'information" et des baronnies se sont donc installées au coeur même de nos médias étrangers travaillant en Asie. Les agences de presse anglo-saxonnes ne se pressent pas au portillon pour démocratiser le système et en faire bénéficier tous les médias étrangers. Elles aussi et les journalistes correspondants accrédités n'ont pas souvent le droit de poser de questions comme c'est le cas aux conférences de presse du Premier Ministre japonais. Souvent des mascarades avec questions préparées ou communiquées a l'avance. Même a la Banque du Japon (c'est un comble quand on sait l'endettement de ce pays, 7 trillions de dollars) comme me l'a fait observé récemment le président du FPIJ, mon collègue Peter Alford de The Australian.

Conséquence: une présentation parfois malhonnête ou risque de partialité, un déficit de démocratie dans un pays le Japon, qui vit dans la hantise de ne jamais devenir une grande puissance, au coeur du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Alors que fait-on au mieux? On s'organise en pool, mais au final les agences de presse étrangères (AP, Reuters, AFP, Bloomberg) font comme les grands medias japonais et conservent leur avantage et leurs marges, et imposent une sorte de monopole sur l'information au monde entier. Nul besoin d'imaginer ce qui peut germer dans l'esprit d'un "Bloomberg boy" trop soucieux de plaire a son PDG ou aux reporters d'AP, souvent la seule agence au telex présent dans les antichambres des juntes asiatiques.

Naturellement nous avons condamné depuis des années cette pratique japonaise de la censure (IFJ, RSF, EU, UN, OCDE, etc) imposée aux journalistes étrangers. Les envoyés spéciaux au G-8 de Toyako ont pu comprendre les conditions extrêmement difficiles de l'exercice de notre profession au Japon. Tant pour déchiffrer les intentions et mystères des communiqués officiels que pour présenter a nos sièges des médias, en France ou ailleurs, la seule et unique interprétation d'un fait aussi banal que le nombre de manifestants présents a un rassemblement bruyant de l'extrême-droite nippone un 15 Août au Yasukuni Jinja. La Représentation de la Commission Européenne au Japon s'est emparé du dossier. Sans réussir a enfoncer cette grande muraille de la censure nippone.

Riposter

Il serait intéressant, voire approprié, qu'un jour, nos collègues français et européens refusent l'accès et le droit de questionner a la presse japonaise (et chinoise) a titre de réciprocité pour voir l'effet que cela ferait dans les états-majors de la puissante presse japonaise. La réciprocité, et, la riposte graduée, inscrite dans la Charte des Nations Unies... Je vis et travaille depuis 20 ans en Asie et je suis persuadé que le Japon et la Chine ouvriraient davantage leurs portes. Car contraints et forcés de pratiquer la même règle du jeu sous peine d'être exclus des conférences de presse. Cela serait en outre le signe d'une solidarité exemplaire.

On le comprend, les journalistes correspondants étrangers rencontrent donc des difficultés invraisemblables, parfois insurmontables d'une part face aux pratiques de censure japonaise, mais d'autre part du fait de leur exclusion d'événements qu'ils pourraient, selon les cas, couvrir en moins "politiquement correct" que les medias locaux. Pire, le mouvement s'étendrait a toute l'Asie, résultat de cette politique de censure bien gérée avec l'accord des grandes agences de presse anglo-saxonnes en particulier. L'AFP, aux moyens de plus en plus réduits, n'occupant dorénavant qu'un strapontin dans ce système très pervers, bien que l'agence ait pour mission de diffuser ses dépêches en anglais a toute l'Asie.

A ce propos, on fait grand jeu depuis Chirac ou Sarkozy (Mitterrand avait boosté RFI) de vanter les TV en diffusion continue, du genre CNN ou BBC World par des ersatz comme France 24. Mais pour ceux et celles qui ont vécu la révolution des médias depuis l'étranger, et dans une Asie en puissance en particulier, il apparaît a beaucoup que le véritable projet stratégique n'aura pas été atteint. La feuille de route gagnante serait de décupler les moyens de l'AFP qui s'imposerait comme la grande agence internationale non anglo-saxonne. Et naturellement d'accompagner et de fournir des moyens convenables aux journalistes des médias accrédités a l'étranger. C'est encore a se demander si les projets médiatiques français, si projets il y a jamais eu, ont été pondus sur un coin de nappe en papier au bistrot du coin en attendant l'espresso. Anecdote authentique que m'a rapporté une personnalité de l'audiovisuel français, un soir, dans l'un de ces bars hallucinants du Tokyo irrémédiablement "lost in quotations..."

REFERENCES et LIVRES:

- Un espace de liberté et de professionnalisme: Le Foreign Press Center in Japan


Logo du FPCJ, Foreign Press Center in Japan

Le seul exemple de dévotion et d'honnêteté professionnelle engagé par le Japon a l'égard de la presse étrangère se trouve au FPCJ, le Foreign Press Center in Japan, qui aide rigoureusement les correspondants et les journalistes du monde entier, sans discrimination. Créé en 1976 au titre de fondation a but non lucratif, le Foreign Press Center a été mis en place par le Keidanren, la centrale patronale nippone, l'association de la presse japonaise, et des donateurs institutionnels et privés. J'ai, et des centaines de collègues, constaté depuis des années son efficacité, son utilité et son respect de l'ethique professionelle. Véritable oasis!

L'URL du site du FPCJ: http://fpcj.jp/

- Rapport 2008 de RSF sur les "Kishas clubs du Japon. J'ai fait inviter Robert Ménard de RSF lors du passage de la flamme Olympique a Nagano. 150 journalistes sont venus assister a cet événement le 25 avril dernier, retransmis par une quinzaine de chaînes de TV.
www.rsf.org/article.php3?id_article=25449

- Le livre "Closing the Shop" de Laurie-Anne Freeman, Princeton University Press, sorti en 2000, branche les projecteurs sur l'absence de neutralité et sur les cas de collusions de la presse japonaise. Il serait intéressant de lire un titre francais sur ce sujet et un travail sérieux sur la presse en Chine et en Inde. Peut-être après les JO 2008 qui sait?

Monday, August 04, 2008

Lighthouse, le phare de Leonce Verny



Le Phare de Kanonzaki, port militaire de Yokosuka

Bâtir une ambitieuse défense nationale...

"Le Japon se tourne dès janvier 1865 vers le
gouvernement français pour construire un arsenal à
YOKOSUKA. L'Amiral JAURES, commandant la Division
Navale des Mers de Chine et du Japon, fait venir de
Chine un jeune ingénieur des Constructions Navales âgé
de vingt-cinq ans, Léonce VERNY. Admirablement
soutenu par le Comte OGURI, Ministre japonais des
Affaires Etrangères et promoteur japonais de ce
projet, il saura surmonter en sept ans les
innombrables difficultés inhérentes à ce chantier de
2000 ouvriers.

Léonce Verny VERNY fit combler deux bras de mer avant
d'abattre une montagne pour former le terrain sur
lequel allaient s'élever les différentes
constructions. A la fin des travaux, l'arsenal,
abrité derrière de petites collines, comprend deux
bassins dont un de 110 mètres de long, trois cales de
halage et des ateliers de construction de coques.




Phare de Kanonzaki devant le Pacifique

Parallèlement, VERNY crée une école d'ingénieurs et
une école d'architecture navale avant de construire
plusieurs phares. Le phare de KANONZAKI, mis en
service en 1869, sera ainsi le premier phare moderne
du Japon

D'autres ingénieurs français prendront plus tard la
relève de Léonce VERNY dont Emile BERTIN qui,
Conseiller technique du Ministère japonais de la
Marine, contribuera au développement de la Marine
japonaise. Il a ainsi formé une génération
d'ingénieurs japonais et dessiné trois bâtiments de
combat, tout en participant à la construction des
arsenaux de KURE et de SASEBO. Ces pionniers
participeront donc indirectement aux victoires navales
japonaises sur les Chinois (1894) et les Russes
(1905). Chaque année, la Mairie de YOKOSUKA organise
une cérémonie à la mémoire du Comte OGURI et de Léonce
VERNY. Cette fidélité témoigne de la force du lien
créé alors entre les hommes chargés de la réalisation
de ce très ambitieux projet."



Arsenal de Yokosuka aujourd'hui

(Sources: Consultant Ch. Polak & ambassade de France au Japon)

Sunday, July 27, 2008

Nid d'Aigle



"Le Milan noir (Milvus migrans*) est un rapace de taille moyenne de la famille des Accipitridae, fréquent compagnon des randonneurs au Japon. Ce milan est une espèce à l'aire de répartition extrêmement vaste qui comprend les zones tempérées et tropicales d'Eurasie, l'Afrique tropicale et une partie de l'Austral-Asie.

Le Milan huit. Il surplombe, vrille, effectue des piqués vertigineux parfois sur ses congénères qu'il évite au dernier moment, accomplit des remontées en chandelle, chutes en feuille morte, les serres accrochées à sa proie. Son cri modulable est une sorte de sifflement tremblé. Sifflement tremblé bruyant hiu huuhuu lors de la nidification. Son cri d'alarme est un kie-kikiki pour chasser ou séduire.

De tous les rapaces, c'est de loin celui qui possède le registre le plus mélodieux. La population de ce cousin des grand aigles des Alpes japonaises a fortement régressé depuis les 20 dernières années. Les causes du déclin sont multiples: la persécution par l'homme, la chasse, les collectionneurs, les empoisonnements et la modification des pratiques agro-pastorales. Sur l'archipel son activité quotidienne semble davantage azimutée sur le pique-nique des randonneurs que sur la chasse traditionnelle.

Sa résidence de préférence va aux vallées de montagnes et aux terrains bas. Le site choisi doit tenir compte de deux impératifs : premièrement, la présence de grands arbres ou d'escarpements rocheux favorables à la nidification ; deuxièmement la proximité de l'océan pacifique, de cours d'eau, de lacs ou d'étangs qui sont nécessaires à son approvisionnement et à son alimentation. Le milan noir peut également stationner en bordure des villes."

Comme tout un chacun au Japon, il affectionne particulièrement les relations humaines. Gare aux Bento!

*Revue en ligne

Thursday, July 17, 2008

Enfants "kidnappés" au Japon

Chaque année au Japon, à la suite d'une séparation ou d'un divorce, 166.000 enfants sont coupés, le plus souvent définitivement, d'un de leurs parents, selon des statistiques officielles. Dans 80% des cas, c'est le père, japonais ou étranger, qui perd tous ses droits sur l'enfant et est en outre condamné à verser des indemnités et une pension alimentaire à la mère. Pour présenter ce dossier ahurissant j'ai fait inviter, au Club des Correspondants de Tokyo, 3 spécialistes et 6 parents victimes de ces cas d'enlèvements, le 14 juillet, dont Thierry Consigny, un élu des Français de l'Etranger et ai assuré la présentation-modération de la conférence de presse.



Ahurissant car contrairement à ce qui se passe dans les autres pays développés, le droit de visite n'est pas inscrit dans le Code civil japonais et l'enlèvement d'enfant n'est pas considéré comme un crime! Le Japon considère que l'enfant doit, comme le foyer, bénéficier de la protection du foyer garanti par la loi...

Les enlèvements se pratiquent donc également à l'étranger et une fois revenu au Japon, le parent kidnappeur n'a rien à craindre de la justice de son pays, car le Japon et la Russie sont les seuls membres du G8 à ne pas avoir signé la Convention de La Haye sur les aspects civils des déplacements illicites d'enfants. La presse japonaise a annoncé une signature pour 2010, mais cette information n'a pas été confirmée par le gouvernement japonais.

"Le ministère de la Justice est partagé sur cette question", pour Thierry Consigny, conseiller de l'Assemblée des Français de l'Etranger. "Et même si le Japon signait cette convention, il faudrait ensuite changer le Code civil pour qu'elle soit appliquée dans les faits". Le Japon a ainsi signé en 1994 la Convention de New York sur le droit des enfants à voir les deux parents, mais cela n'a rien changé."

Les témoignages des parents tels ceux de Masako (a ma gauche sur la photo), nippo-canadienne, ont permis de mieux faire saisir la gravité de la situation d'enfants privés de l'un de leurs parents, mais pire encore, ont permis de constater que la nationalité étrangère de l'enfant est gommée par le système en place au Japon. Une évolution "pour le bien des enfants" déclarent les panélistes devra voir le jour afin de mettre un terme aux souffrances de ces parents et de ces enfants, victimes d'un système inique alors que le Japon se place de lui-même aux premiers des rangs des nations développées et démocratiques.

Wednesday, July 16, 2008

The allusive 2008 Akutagawa vintage


Chinese writer Yang Yi is the first foreigner, non-native speaker of Japanese, to receive the literary Akutagawa Prize: The 44-year-old Yang’s award-winning work is titled “Tokiga nijimu asa”, meaning “a morning when time blurs".The book is set during and after China’s Tiananmen massacre and the demonstration attempts for democratization in 1989. The story tells of a Chinese man who lived through those times and later moved to Japan, still holding on to his ideals. ” As a foreigner I have written novels and I am thrilled to have been recognized in this way,” Yang, 44, teaches Chinese language in Japan.

In the past the Akutagawa Prize has been awarded to Korean writers living in Japan and happens in the context of the pressure imposed by China, on its neighbors and on western nations, to sanitize all foreign criticisms about China's striking record on the human rights. Japan chose trying to ease tensions with China, this price nevertheless is coming as an intelligent, allusive, surprise for many Japanese politicians, the right right side... Already, it attracted harsh criticisms from some tenors of the political life in Tokyo. The 2008 prize is offered the day after the International Criminal Court of the Hague launch arrest on China's supported Sudanese president Béchir who is accused of killing his population, risking to end his days in jail.

Friday, July 11, 2008

Beijing Olympics and Tiananmen legacy


Student leader Wang Dan addressing Tiananmen Square, May 27, 1989

Geo Visitors Map

"Even if China occupies a certain position in current geopolitics, one has not to emancipate China's usual answer, which is, slaughtering her own people as soon as the regime decides a new campaign, or changes policy, implicating that heads will immediately roll in the middle kingdom. More than ever our job is to watch and monitor."

I wrote these lines on a professional forum of Tokyo based journalists because I am amazed to see how many people, including reporters, seem to have completely forgotten that next year will be the 20th anniversary of Tiananmen bloodshed.

I lived and worked in Beijing China in the dawn of Tiananmen events, when the seeds of liberty flourished into the society. I therefore spent months listening to students and workers of various units, helped in this by my hybrid Sino-French professional status. I still visit this country both privately and professionally.

The first demonstrations I saw from my Beijing balcony happened in spring 1986. Initiated by Middle East and Africa born students complaining about the increase of prices and difficulties of living with their meagre scholarship, and racism against non-Han people. They marched from Haidian to Tiananmen. It exerted considerable influence on young Chinese students from Beida for instance.

We observed things and all of us living and working with the Chinese society knew that as soon as the Deng Xiaping regime, too lenient with Hu Yaobang or Zhao Ziyang according to the marxists conservatives, would give signs of weakness, the country would again enter into chaos.

I think it is interesting to debate about neutrality on our blogs, fora, pages and media, watching youtube and daily motion images of the events, while reading straight and shocking allegations that there was no massacre on Tianamen June 1989. Is it a matter of location? Should we say that it was also in Xidan, Qianmen or on the highway crossing near Youyi Shangdian?

Regarding the case for instance of Liu Guogeng, this Chinese soldier killed June 3rd in the evening by the Chinese people and burnt later on by the masses, this is a case that was used in June 1989 and after by Chinese propaganda to describe the violence of the demonstrators and zigzag the People's attention far from the PLA units, in particular the soldiers who remained stationed within the forbidden city and near Zhongnanhai. Soldiers who used their guns against kids, ordered by the winning faction of the Chinese leadership. (It ended into a weapons embargo from US and EU on the sales of any weapons to the Beijing Chinese regime.)

It is not a matter of numbers of people killed as it has been said everywhere. It is not a mater of saying that there were or not Taiwan or other nations' spies on Tiananmen too. It ended into blood shed. 200 or 3000 dead? Bloodshed also is a matter of balance of power in China as it still is the case in the numerous cases of people who are killed or jailed to have opposed the party and mingled inadvertently with the political struggle at the top. Tibet, Xinjiang, Han farming villages.

Asking today to the witnesses, associations of human rights or to the mothers of Tiananmen and brothers or sisters of the killed ones (workers, students, military) what happened to their daughter or to their son like Mr Wu Xiangdong and to other parents who lost their children, is participating to the establishment of facts and therefore a perfect call to neutrality.



Today, near Tiananmen, facing the Raffles (Beijing) hotel is the building of the Chinese security. Powerful these days as claims of terrorism are hastily made here and there. It is still forbidden today to interview people or drop by the square passed a certain time in the evening. Ghosts, probably...

Thursday, July 10, 2008

Le Sommet du G8 vu par la presse japonaise


Mainichi Shimbun

Un regard sur la presse quotidienne japonaise qui a couvert le sommet du G8 de Toya-ko, un exemple avec le Mainchi shimbun au tirage de 5,4 millions d'exemplaires / jour. J'ai souvent travaille avec des journalistes du Mainichi et je leur tire un coup de chapeau car leur objectivite et leurs investigations en font l'un des meilleurs exemples du journalisme au Japon. Subsiste néanmoins le délicat problème des "Kishas clubs", les clubs de reporters, j'y reviendrai. L'article est issu du site Internet avec une photo d'illustration des dirigeants du G8 et du G5. J'ai mis en lien (click sur le titre) le site (presentation, deontologie, tirages) de l'association nationale de la presse japonaise, la Nihon Shimbun Kyokai dont M. Tadao Koike, mon "parrain" dans la presse japonaise, a ete le president, il est egalement ancien president du Mainichi Shimbun.

July 10, 2008
洞爺湖サミット:G8と新興国、温暖化長期目標協議を継続
(Global leaders agree to reduce greenhouse gas emissions but set no numerical targets)



拡大会合に臨む(右から)福田首相、中国の胡錦濤国家主席、メルケル独首相、(左から)インドのシン首相、サルコジ仏大統領、ムベキ南アフリカ大統領=北海道洞爺湖町で2008年7月9日午前8時47分(外務省提供)
 北海道洞爺湖サミット(主要国首脳会議)は9日、主要8カ国(G8)に、温室効果ガスの大量排出国である中国やインドなど新興8カ国を加えた主要経済国会合(MEM)の首脳16人が初めて協議し、焦点の温室効果ガス排出量削減について「世界全体の長期目標のビジョン共有を支持する」との首脳会合宣言を採択した。ただ、G8は「2050年までに排出量半減」の長期目標の中身も各国で共有するよう新興国に求めたが、数値目標は合意できなかった。サミットはこの後、議長総括を発表し、3日間の日程を終えて閉幕した。


TOYAKO, Hokkaido -- Leaders of the Group of Eight (G8) and eight other major countries agreed Wednesday to make efforts to sharply reduce greenhouse gas emissions, but stopped short of setting numerical targets.

The 16 members of the Major Economies Meeting on Energy Security and Climate Change (MEM), including China, India and other major greenhouse gas emitters, reached the agreement on Wednesday, the last day of the three-day Hokkaido Toyako Summit.

They are poised to continue to cooperate closely with their efforts to achieve the goal of halving greenhouse gas emissions by 2050, which was set by the G8 members on Tuesday.

However, the success of efforts to prevent global warming hinges largely on whether G8 countries and developing nations, which claim that developed countries are responsible for the accumulation of greenhouse gases, can narrow their differences, say observers.

This is the first MEM session that brought together the leaders of all member countries. The MEM was set up in September last year at the proposal of U.S. President George W. Bush, who claims that no effective agreement can be reached on measures to prevent global warming without the participation of China and India, who are major greenhouse gas emitters.

Of the MEM members, the leaders of China, India, Mexico, Brazil and South Africa had met in Sapporo on Tuesday and adopted a declaration urging developed countries to reduce their greenhouse gas emissions by 80 to 95 percent by 2050.