Monday, February 04, 2013


"Le Dernier Homme de Fukushima" 

The last man of Fukushima

福島に残る最後の男

Naoto Matsumura

par Antonio Pagnotta, aux Editions Donquichotte. A paraître le 7 mars 2013.

"Ce récit est l’histoire vraie d’un homme exceptionnel, d’un personnage de légende. Naoto Matsumura, tel un un samouraï sans maître, a refusé en mars 2011 d’évacuer la zone interdite autour de la centrale explosée de Fukushima. Malgré le tsunami et l’apocalypse nucléaire, malgré les réacteurs qui, deux ans après, continuent de cracher de la radioactivité, il a choisi de rester sur la terre de ses ancêtres, dans sa ferme, auprès des quelques animaux encore vivants. Il est aujourd’hui le dernier habitant de Fukushima.

Par cet acte de résistance, le fermier manifeste sa colère face à Tepco, le géant de l’industrie nucléaire, mais préserve aussi son honneur en refusant le sort des habitants évacués des zones contaminées, condamnés à l’errance aujourd’hui et demain aux maladies certaines, pour finir tels des parias."

Antonio Pagnotta

Ce livre est un événement extraordinaire 2 ans après la gigantesque catastrophe japonaise du 11 mars 2011. Plus de 20.000 morts après le séisme et le tsunami et ce qui a été la 3e catastrophe l'accident nucléaire sur le site de Fukushima Dai Ichi. Un livre événement grâce aux longues enquêtes au Japon et dans la zone interdite de Fukushima d'Antonio Pagnotta, journaliste photographe dont je connais le courage, le regard original, pénétrant d'authenticité et de réalisme. Beaucoup ont voulu l'imiter. Il a toujours été le premier. "Médiapart" a parlé d'Antonio Pagnotta récemment. La presse japonaise a souvent adoré ses scoops depuis 20 ans.

J'ai été très heureux de recevoir les encouragements d'Antonio durant ma couverture au Japon de la triple catastrophe depuis les premières heures du 11 mars 2011 pour RTL alors que Fukushima faisait fuir, loin de Tokyo et du Japon, des dizaines de milliers d'étrangers, dont plusieurs milliers de Français, abandonnant les japonais dans leur peine. "Tu as écrit une page d'histoire" me disait alors Antonio et il en connaissait les dangers, avec sa longue expérience du nucléaire, lui qui a toujours recherché le courage chez les hommes qu'il croise dans son métier, Matsumura-san est de  ceux-là!

Cela dit attention à ce que son livre ne soit pas utilisé par les autorités politiques japonaises pour justifier, par le courage de Matsumura-san, le recours au "sulfureux" complexe (militaro) industriel nucléaire japonais dans un pays placé par la nature sur la Ceinture de feu du Pacifique, archipel menacé chaque minute d'une catastrophe plus effroyable que celle du 11 mars. Une menace qui devra susciter une véritable politique de sécurité industrielle, pensée, transparente, débattue et en conformité avec le droit à la vie et à la santé.


(Article et photos présentés avec l'autorisation de Antonio Pagnotta)

Editions Donquichotte. A paraître le 7 mars 2013.
http://www.donquichotte-editions.com/documents/le-dernier-homme-de-fukushima/





Sunday, February 03, 2013


Avenir incertain pour Futaba, village proche de Fukushima 




Katsutaka Idogawa, le maire de la ville de Futaba, s'est exprimé récemment aux Nations-Unies au sujet de la radioactivité à Fukushima. Témoignage poignant. La VDO a été traduite en francais, elle a été très récemment postée sur youtube.

Voici le commentaire du discours de Mr Idogawa que j'ai reçu d'un scientifique européen reconnu:
"Le Maire a pris des initiatives étant responsable de la commune la plus près du réacteur No 1 qui explosait, à la vue de tous. Tchernobyl nous a appris que le périmètre de 30 km allait être être évacué. La commune de Futuba était entre 1 et 15 km des réacteurs fumants, dont le combustible avait fondu. Les mesures de la contamination du milieu qui furent faites après, ont montré que le Maire avait eu raison. Mais il fallait le punir, rendre sa démarche encore plus compliquée.

La différence avec les populations voisines, c'est que ces dernières ont dû attendre que la dose dépasse une limite "tolérable" dans de telles circonstances, attendre que les rayonnements ionisants aient provoqué des altérations génétiques, après que les vents d'ouest qui protégeaient les communautés habitées, ont changé de direction. Les altérations génétiques ont pu débuter le 16 mars 2011, pour tous ceux qui ont été forcés de rester. Ces altérations génétiques sont bientôt fixées dans les cellules et seront transmises à leurs descendants." Fin de Citation.

Et comme me l'écrit un autre scientifique: "L'avenir des gens de Futaba et des habitants des zones contaminées est déterminé par l'incertitude. Le cas de Futaba est extrême mais exemplaire de ce qu'implique d'injuste et d'inhumain un accident atomique.

Sa lettre de démission est terrible : elle procède de l'illusion qu'un projet d'avenir comporterait le retour dans la ville. Elle concentre en quelque sorte toutes les contradictions qui plongent la société japonaise dans la plus profonde confusion. La vie après l'accident ne peut pas redevenir comme avant là où la radioactivité a été répandue. L'expérience de Tchernobyl en apporte la preuve constante avec son lot de contraintes et de maladies dans des groupes humains rongés par le désir de n'y plus penser, de faire comme si tout était normal."


Katsutaka Idogawa, maire de Futaba, Préfecture de Fukushima, veut maintenant démissionner de son poste.

Futaba avait dûment transféré ses fonctions administratives à la ville de Kazo, Préfecture de Saitama, après l'accident nucléaire qui, sous l'autorité sage de son maire Idogawa-san, a forcé la ville à évacuer vers des zones plus sûres. Tous les résidents ont été évacués de Futaba. Mais l'industrie du nucléaire japonais ne l'entendait pas ainsi, et le 20 décembre 2012, le conseil municipal de la ville de Futaba, objet de pressions par le lobby nucléaire disent les critiques, a déposé une motion de censure contre le maire Idogawa, l'accusant de ne pas avoir assisté à une réunion du gouvernement central concernant les installations temporaires de stockage des déchets nucléaires dans des zones polluées par les substances radioactives de TEPCO, Tokyo Electric Power Co.

Idogawa-san a fixé sa démission au 12 février 2013 et l'élection d'un nouveau maire de Futaba aura lieu dans les 50 jours qui suivent. Son message aux Nations-Unies prend toute la mesure de son courage et de la crise des institutions perçue face aux industriels japonais du nucléaire, révélée et confirmée par le rapport de la commission parlementaire du Dr. Kiyoshi Kurokawa.


Pour information.

http://www.youtube.com/watch?v=h53lSGXGC_g

Thursday, January 31, 2013


Press Freedom: Political instability puts journalists in the eye of the storm





The same three European countries that headed the index last year hold the top three positions again this year. For the third year running, Finland has distinguished itself as the country that most respects media freedom. It is followed by the Netherlands and Norway. Although many criteria are considered, ranging from legislation to violence against journalists, democratic countries occupy the top of the index while dictatorial countries occupy the last three positions. Again it is the same three as last year – Turkmenistan, North Korea and Eritrea.

In Asia, Japan (53rd, -31) has been affected by a lack of transparency and almost zero respect for access to information on subjects directly or indirectly related to Fukushima. This sharp fall should sound an alarm. Malaysia (145th, -23) has fallen to its lowest-ever position because access to information is becoming more and more limited. The same situation prevails in Cambodia (143rd, -26), where authoritarianism and censorship are on the increase.


“Regional models” found wanting

In almost all parts of the world, influential countries that are regarded as “regional models” have fallen in the index. Brazil (108th, -9), South America’s economic engine, continued last year’s fall because five journalists were killed in 2012 and because of persistent problems affecting media pluralism. In Asia, India (140th, -9) is at its lowest since 2002 because of increasing impunity for violence against journalists and because Internet censorship continues to grow. China (173rd, +1) shows no sign of improving. Its prisons still hold many journalists and netizens, while increasingly unpopular Internet censorship continues to be a major obstacle to access to information.
(End of quotes of RSF Press Freedom index 2013)


http://en.rsf.org/press-freedom-index-2013,1054.html

http://fr.rsf.org/IMG/jpg/2013-carte-liberte-pressebd.jpg

Wednesday, January 23, 2013


Otages japonais. Victimes à plus d'un titre 




D'un journaliste japonais que j'interrogeais sur la crise des otages, j'ai eu cette réponse invraisemblable: "Je ne peux rien te dire de nouveau, maintenant je travaille sur la préparation du budget 2013 2014, c'est la priorité politique." En résumé, la crise des otages d'In Aménas, intervenue en parallèle avec la guerre française au nord Mali, disparaitra-t-elle bientôt de l'actualité japonaise?

Les autorités japonaises n'ont rien dit ou peu. Triste réalité. Familles ignorées, seule la raison politique et le rapport de force qui étaient en la défaveur de l'opinion japonaise. Les autorités politiques de monsieur Shinzo Abe vont utiliser cette prise d'otages pour relancer le thème d'un Japon devant être militairement plus fort. Des désirs avoués et fortement suggérés par les firmes du secteur économique, le complexe militaro industriel BTP ingénierie japonais. "On veut exporter des armements comme on a exporté des appareils photos dans les 60's." Faut-il en dire plus sur les intentions japonaises?

Les témoignages s'accumuleraient néanmoins, portant sur des négociations ratées par les japonais, trop surpris par la situation, concernant le paiement de rançons aux kidnappeurs. Donc du retard dans la communication de Tokyo. Si vrai c'est assez pitoyable, un enfer pour les amis et les familles de ces employés de JGC. "Attendez on négocie avec les preneurs d'otages." Le Gaimusho ne l'avouera jamais mais c'est comme cela que cela se fait au Japon, toujours et en secret.

D'autres témoignages émanent de l'assentiment rapide donné aux militaires Algériens par Paris et Washington. "Do it and do it quick!" Faites-le et faites-le vite, on ne va pas garder l'affaire des otages des mois durant. Les Tupac Amaru et la conclusion fatale, c'est un souvenir plein d'amertume chez les japonais et les péruviens.

Dans les premières heures de la prise d'otage ne dit-on pas ici que les médias ont été écartés et mis dans l'incapacité de pouvoir fournir des informations. Les gouvernements argumentent difficilement en parlant de "la surprise de l'attaque" des terroristes et de la contre attaque algérienne. Vraiment? Mais alors quel est l'utilité de payer des gens devant informer et négocier pour notre sécurité s'interroge notre confrère inquiet de ces blocages politico-religieux "alors que le Japon économique a tant de travail pour se remettre sur les rails de la croissance" commentera en écho le présentateur de TV Asahi.

Ainsi sont les drames et se succèdent. La mère d'un otage mort en Algérie vit un second drame personnel, d'abord la perte de sa maison dans le tsunami de mars 2011 et ensuite celle encore plus précieuse de son fils tué sur le site d'In Aménas. Monsieur Fumihiro Ito, 59 ans était employé par JGC, il était originaire de Minami Sanriku, préfecture de Miyagi où sa mère Fukuko vivait seule, sa maison a été détruite par le tsunami de mars 2011 et elle habite dans un logement temporaire dans la ville voisine de Tome, information navrante.

Dernier élément, dans cette guerre qui est une guerre d'intérêts économiques pour beaucoup de nations et de firmes impliquées dans la zone, Areva par exemple avec l'uranium du Niger, le Sahel est vu par des commentateurs Japonais comme éminemment stratégique, et la question posée porte sur les combats et les preneurs d'otages. Vont-ils s'arrêter aux seules installations d'In Aménas? Sarkozy avait mis ses conseillers de sécurité dans les services de renseignements français pour éradiquer ce que les services nommaient la menace Jihadiste, "méprisant d'autres dossiers". L'automne 2012 a déroulé lentement la stratégie française. Il suffisait d'un maigre aval des Nations Unies.

La France est en guerre dans son pré-carré, elle n'est pas la seule, dans cette partie du monde qu'elle ne pourra pas contrôler, les "Marsouins" jouent les rôles les plus difficiles, honneur et admiration dont font preuve ces combattants. Mais l'histoire se répète et ces secousses du Sahel opposent depuis toujours des mondes opposés et hostiles, les intérêts, l'intolérance, la foi et la conquête, ancrées si profondément en Afrique et au Moyen Orient.

Qui l'emportera? La supériorité militaire au début. Il faudrait alors accompagner cette "néo-pacification" de moyens importants et d'infrastructures pour que le développement dure et s'affine. La France, expérimentée certes, et ses alliés bien timides, en ont-ils vraiment le désir et le temps? Quel symbole enfin que ce soit un socialiste devenu président qui engage la France dans cette opération interprétée aujourd'hui par cet ami journaliste japonais, il finit notre conversation par ces quelques mots: "en bref, c'est une suite inattendue des guerres coloniales françaises d'autrefois, nous, on a changé, on négocie toujours avec les pays en question."

Au fait, qu'en dit la Chine?



Monday, December 31, 2012

Meilleurs Voeux pour 2013. 

Happy New Year. 

"よいお年をお迎えください。"







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Wednesday, December 26, 2012

Depuis Fukushima les épreuves rendent les japonais apathiques et déresponsabilisés



En cette fin d'année 2012, les menaces de la centrale nucléaire de Fukushima influencent l'état d'esprit des japonais : Les japonais n'ont pas été très logiques non plus dans cette affaire. Le Nipponjin 日本人 est un émotif qui se retient (un peu comme le British) C'est le moins que l'on puisse dire. On avance ici le chiffre de 100.000 personnes évacuées de la zone interdite de Fukushima en raison de la catastrophe de la centrale nucléaire de Dai 1. Et aucun espoir pour elles de rentrer dans leurs logements, fermes, bureaux, usines, et retravailler comme avant avec la certitude qu'elles pourront vivre normalement. 


Les nouveaux élus de monsieur Shinzo Abe qui s'apprêtent à prendre place au parlement japonais n'ont pas caché qu'ils vont tout faire pour relancer le nucléaire. Actuellement 48 réacteurs sur 50 dans les 18 centrales du Japon sont arrêtés pour tests ou par vétusté. Le PLD de Shinzo Abe a été élu massivement par faute de participation électorale, et en raison d'un découpage électoral inégal objet de poursuite en justice. Abe dirigeant du parti devrait être nommé aujourd'hui premier ministre ce 26 décembre. Il relancera prestement le nucléaire, sauf si un mouvement d'envergure ou une confrontation politique voyaient le jour. Fait rare au Japon. Les sociaux démocrates et le PCJ ont disparu, incapables de s'adapter aux nouvelles donnes politiques. Les pressions se font ailleurs. Il y a des intellectuels. Il va falloir examiner tout cela. Je ne m'intéresse qu'aux faits. 

Inquiétude permanente, depuis que l'info sur des anomalies de la thyroïde pour 40% des 100.000 enfants de Fukushima ayant déjà subi une échographie depuis l'an passé est diffusée via les réseaux sociaux, puis les médias, c'est l'angoisse chez les parents, mais les autorités et médias nippons n'en parlent que très peu. Donc une population de plusieurs centaines de milliers de personnes et naturellement d'enfants ont des inquiétudes sur les risques de cancers qui toucheront les populations exposées. D'ici combien d'années? 3, 5, 7, 10 ans? Les chercheurs éclairés qui surveillent le "laboratoire humain de Fukushima" tel qu'ils l'appellent, prédisent une catastrophe sanitaire. La Faculté de médecine de Fukushima a entrepris une grande étude épidémiologique pour les 360.000 enfants et jeunes de la préfecture âgés de moins de 18 ans lors de l’accident nucléaire du 311. On cite le premier cas d'un cancer de la thyroïde chez une adolescente japonaise. Tandis que nombreux sont les étrangers qui ont quitté le Japon. Les médias n'en parlent pas.

Le grand danger est de voir que les industriels du nucléaire japonais (pour la plus grande inquiétude des EDF, CEA, Areva, et des USA semble-t-il) continuent leur travail de désinformation sur des années et des années. A Three Mile Island, il a fallu 10 ans de travaux, et Chernobyl n'a pas encore tout révélé, comme avec Fukushima. Mais on ne peut en parler ou évoquer tout sujet qui y toucherait de près ou de loin. Et lorsque la presse internationale en parle, très peu en France avec le secret quasi militaire sur le nucléaire, la diffusion des informations exclusives de la presse internationale est limitée "aux Gaijins" ou quelques % de la population japonaise car les japonais parlent et/ou lisent peu ou très mal les langues étrangères. Le temps c'est la stratégie de Tepco et Co. Depuis Fukushima les épreuves rendent les japonais apathiques et déresponsabilisés, ils n'ont pas osé dire non au Shogun Tepco, alors qu'ils avaient l'opinion mondiale derrière eux. Ce sera leur plus grande faute, fatalité? Les hommes politiques japonais se croient au-dessus des lois dans un contexte d'hypocrisie, de collusion médiatique et de fuite en avant comme je ne l'ai jamais vu au Japon en 20 ans!

N'oublions pas que l'an dernier, pour contrer tous les blocages politiques, industriels, protocolaires et bureaucratiques, en pleine alerte de Fukushima, l'Empereur Akihito dont les japonais ont célébré avant-hier le 79e anniversaire, était sorti alors de son Palais avec un discours historique pour demander que la vérité soit faite sur la catastrophe de Fukushima. J'en ai parlé sur RTL dans l'un de mes 120 ou 130 reportages sur la triple catastrophe du "311": 

16 Mars 2011 RTL Joel Legendre: "C'est un événement rarissime. Cinq jours après le séisme et un tsunami dévastateurs qui ont entraîné un grave accident nucléaire, l'Empereur du Japon est sorti de son silence. Akihito s'est adressé mercredi à la Nation et a déclaré qu'il priait "pour la sécurité du plus grand nombre de gens", dans une allocution télévisée. Il s'est dit "profondément préoccupé" par la situation dans la centrale nucléaire de Fukushima-Dai-ichi

Photo Shirakawa-go sous les neiges (Préfecture de Gifu - Centre de l'Ile de Honshu)

Lien RTL Discours de l' Empereur du Japon, traduction et papier par Joel Legendre.
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Monday, December 17, 2012

Japan hawkish political heir Shinzo ABE




- Nationalist Shinzo Abe is to become Japan's prime minister and history suddenly reappears after Sunday's election of his LDP party at the Parliament. He resigned as prime minister for health reasons in 2007, at that time Japan did not have access to various medicines because of the stubbornness of the bureaucracy and the pharmaceuticals lobby. His party, the LDP, had also entered into a succession of endless corruptions and scandals. After 3 years of the DPJ experience led by Hatoyama, Kan and Noda, Shinzo ABE is back to power and he said he changed. But the question is: has the nature of those who made him triumph as the front of the LDP fundamentally changed? Who are they and where do these people come from?

Shinzo ABE belongs to the conservative nationalist origins of Japan politics. He is the son of Shintaro ABE. Shinzo ABE also is the grandson-in-law of Prime Minister Nobusuke KISHI. Kishi was a prime minister of Japan in the late 50's nicknamed "Showa era ghost-monster", a "Class A" war crimes suspect declared by the Supreme Commander of the Allied Powers after 1945. His biological younger brother, was Eisaku Sato who would also become a prime minister. Anti-communist, rich, released in 1948 from Sugamo jail, Kishi became a prime minister in the late 50's who supported US-Japan Mutual Security Treaty at a time of massive anti-American students demonstrations. Kishi is credited as being a key player in the initiation of the "1955 System", the extended period during which a single political party, the LDP, remained the dominant party in Japanese politics. The LDP system ruled since the end of world war II in spite of the Morihiro HOSOKAWA 1993-1994 first non-LDP government since 1955, he was the eldest son of marquis Morisada Hosokawa clan, and after the 2009 Democratic party of Japan 3 years in power.



- "In this undated file photo released by Shinzo Abe Office, Shinzo Abe, front row third from right, sits on the lap of his grandfather and then Japanese Prime Minister Nobusuke Kishi while his father, Shintaro Abe, front row right, and his mother, Yoko, back row right, and his elder brother, Nobuhiro, front row left, pose for a family photo at unknown place. This photo was taken when Shinzo was attending a kindergaten. The Liberal Democratic Party’s victory in Japan’s parliamentary election Sunday, Dec. 16, 2012 virtually ensures that the LDP leader Shinzo Abe, who resigned as prime minister for health reasons in 2007 after just a year in office, will get a second chance to try to lead Japan out of its economic slump." (stamfordadvocate.com)


- Today Japan is at a crossroad and as BBC said, will Mr ABE have the desire, the will and the capability to rebuild Japan's economy and re build the relations with China? Time will say. Next nation election: July 2013 (Upper House, Senate)

December 16th 2012 general election, the results: An "overwhelming victory in Japan's general election Sunday, setting the stage for Shinzo Abe to resume the premiership and pursue stronger defence and conservative nuclear energy policies." (Kyodo news) and a severe defeat for the DPJ 21 months in the first major vote after the triple catastrophe of 3/11 and the impossibility to put their Manifesto into practice by 3 Democrat prime ministers Hatoyama, Kan, and Noda. The next prime minister will be Shinzo Abe as leader of the winning party, aided by the Buddhist party Komeito  which is the arm of a controversial Buddhist sect Soka Gakkai. He wants to change the Constitution and rearm Japan, to keep intact the nuclear industry for its military option. The day after the vote, 47% who abstained or didn't vote for LDP, wonder about Japan's future in the hands of a hawkish leader encouraged by Japan's ally, the US whose "hands" have encouraged the LDP one party domination for the last 60 years.

This is where the people are today, disappointed but not surprised, in a Japan massively convinced of the corruption nature of Japanese politics and commerce practises, unconcerned by politics, sure of a short-time musical chairs policy due to the selfishness of the rulers and inability to break the ceiling of Japan's money politics. The youth especially do not commit to any ideology except to the materialism satisfaction provided by years of consumerism inflicted by an export tuned industrial machine.

The last political motivation of Japanese society came after the 3/11 tsunami and nuclear accident of Fukushima. Japanese people seemed to have given into a political awakening. I am curious to see how these tens of millions of Japanese are going to view the return of the LDP "in business." 2015 will be the year when the consumption tax will double to 10% and imposed on Japan households, it was a main issue in the campaign, it could be the beginning of a nightmare for Mr Abe's friends.

For the rest of Abe's friends, those dangerous patriot-nationalists, heirs of war criminals and proud of it, with a dream to see Japan plays a role as a powerful nation, as Japan did in colonial time and war time since 1910, becoming a weapons exporting machine, unmoved by claims of neighbouring nations, those who privilege a nationalistic, discriminative and warmonger character in the name of a distorted review of history and art of the Bushido, those whose ambiguity remains in their fascination for the Nazi Germany and the Fascist Italy of Mussolini, those who supported Abe's victory for months, especially when he visited the Yasukuni shrine a few months ago August 15th and 17th October, and hope to see him review the article 9 of the Constitution, based on acute denial, emotion and ignorance of their own history, for these people today is a "VD".

Abe is the heir of a hermetic system which can produce the worst in politics, as history demonstrated. These people are a limited number in Japan for the benefit of the rest of the world. Japan remains a democratic nation as long as the fundamentals are respected. With the return of a minor league in charge, the social laws, the working laws, the freedom of thought, the benevolence towards the weak,  and the access to information are to be tested. The Senkaku Diaoyu and Takeshima Dokdo territorial disputes and the North Korean nuclear threats, the post Fukushima, the TPP and Europe Japan free trade agreements will be diplomatic tests to Mr Abe's administration. Can he deliver, this time?


Results of the December 16th 2012 Parliament election.


Participation Kyodo News estimated turnout at 59.7 percent, down about 10 percentage points from the last lower house election in 2009.

LDP: 294
Komeito: 31
DPJ: 57
Japan Restauration (Ishihara-Hashimoto) : 54
Your Party: 18
Kada: 9
JCP: 8
SPJ: 2
Muneo Suzuki: 1
Ozawa Ichiro: 1
Independents: 5


Exchange rate and Nikkei on Monday :
Dec. 17, 2012 
Dollar-Yen: 84.03-84.11 (10:57)
Euro-Yen : 110.57-110.65 (10:57)
Nikkei 225:  9883.39 145.83 (10:39)
Topix:  808.88 7.84 (10:40)



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Sunday, December 16, 2012

 Chine et Japon, ombres ou lumières?




Arrivé très jeune journaliste dans la Chine de l'ouverture de Deng Xiaoping et Hu Yaobang, j'ai eu la chance de réaliser de nombreux reportages depuis Pékin, je voyageais beaucoup en Chine, j'y ai vraiment pris goût depuis, visiteur de toute l'Asie. Je racontais cette Chine que je voyais et qui se réveillait, j'en parlais invité du matin chez Philippe Caloni sur France-Inter, sur France Culture ou Rfi.

On parlait alors de la Chine en chantier, de décollage économique, des premiers désirs de démocratie, on en voit le résultat aujourd'hui. Chine 2eme puissance économique mondiale, la première puissance mondiale en 2050 et pas de grande évolution démocratique? Si, quand même, on y fait ce qu'on veut en Chine aujourd'hui, sauf de la politique, à  moins d'être au PCC ou dans l'un des 7 ou 8 micro partis qui prétendent exister et incarner le libre accès à la vie politique.

J'ai vu les premiers frémissements étudiants qui menèrent peu après à Tian'anmen en Juin 1989 depuis mon balcon Pékinois proche de (北大) Beida, et j'y ai entendu, durant les soirées glaciales du nord de la Chine, ces premiers appels à la démocratie, à la vie comme en Occident, à l'enrichissement, au "fun," lancés depuis l'université de Pékin, souvent des frustrations d'étudiants chinois et étrangers bientôt épaulés par d'autres forces... J'ai vu et entendu beaucoup. J'ai eu accès aux documents du Parti, comment? Disons, le jeu des factions. J'ai fait des rencontres et y ai découvert des trésors que je n'ai pas fini d'évoquer le jour venu. Il faut vérifier en effet.

On ne parlait plus alors de la Chine de la Révolution Culturelle, mais entre deux verres d'eau chaude, on me parlait en détail des acteurs de l'époque comme par exemple de ces 2 femmes célèbres, les chinoises Jiang Qing, le chien de Mao, et l'écrivain Han Suyin, de son vrai nom Chow Kuanghu-Zhōu Guānghú, née de père chinois et mère Belge.

Aussi ai-je bien aimé cette émission d'hier "Concordance des Temps" de Mao à Xi Jinping, à propos de la Chine de Mao, sur France Culture, animée par l'ex PDG de Radio France qui m'encouragea alors dans mon aventure chinoise, Jean-Noël Jeanneney. Dans cette émission avec Domenach (lui et François Godement que j'ai connu en Chine) sont décidément les deux carrefours obligés, aux missions messianiques, des médias francais sur la Chine tant il est vrai qu'ils savent comment constituer leurs fonds durant leurs recherches.

Dans cette émission, on y entend l'inoubliable Han Suyin disparue en novembre 2012. Elle a écrit des livres magnifiques sur la Chine et parle ici de Jiang Qing, de "Madame Mao": "Elle est très dangereuse parce qu'elle est bête, elle n'avait pas la grandeur d'âme qu'il fallait."  A la 39e minute.
http://lnk.nu/franceculture.fr/29f9

Je cite un autre lien intéressant, plus ancien, l'interview télévision de Han Suyin par Georges Suffert (ina.fr) Han Suyin parle de la période de 1966 à 1979 dans le cinquième et dernier volet de son autobiographie: "La moisson du phénix" et de sa première rencontre en septembre 1969 avec la femme du grand timonier. En langue française.
http://lnk.nu/ina.fr/29fa.html

Je ne peux m'empêcher de jeter un regard en arrière, alors que Chine et Japon, tant aimées l'une et l'autre par la France et l'Europe, n'en finissent plus en cet hiver 2012 2013 de frapper les esprits ardents, ambitieux, durs, et sont prêts à faire face aux agressions voulues par d'autres. Depuis Tokyo, en ce dimanche 16 décembre 2012, jour d'élection au Parlement, un certain héritier, Shinzo Abe, pâle figure de l'histoire contemporaine, s'apprête à enfiler un costume bien trop grand pour lui. Xi Jinping, au père victime de Mao et de ses factions, avec ses fils et filles de Princes de la Chine, n'en feront qu'une bouchée!

Friday, December 14, 2012

Le retour musclé des nationalistes nippons

Shinzo Abe grand favori des élections 2012


Après 3 ans d’absence d’un long règne de 55 ans, depuis sa défaite aux élections législatives du 30 août 2009, le parti conservateur japonais mis en place au Japon après la seconde guerre mondiale, le Parti Liberal Démocrate 自民党 dirigé aujourd’hui par un “héritier” Shinzo ABE (prononciation Chinezo Abé) est donné gagnant dimanche 16 décembre pour les législatives anticipées. Monsieur Noda, le démocrate venu de la haute fonction publique, a jeté l’éponge face au barrage du travail parlementaire par les obstacles procéduriers des conservateurs. 


Le PLD est prêt à reprendre le pouvoir selon les sondages. Le chef du parti conservateur Shinzo Abé est déjà donné gagnant par les grands médias nippons, l’agence Kyodo évoque 300 sièges sur un peu moins de 500, face aux 10 autres partis, centristes, centristes de gauche, le parti écologiste du Gouverneur madame Kada, et le PCJ. Le Parti Communiste a une originalité, il ne change pas et est le seul à correspondre aux partis occidentaux en ce sens qu’il applique une grille de lecture politique semblable au PS francais ou aux communistes Italiens. Il présente autant de candidats que la droite conservatrice avec 100 fois moins de budget. 

Cette année 2012, on note aussi la diversité avec une bonne demi-douzaine de petits partis politiques nés de l’air du temps, genre “révoltés” face à l’immobilisme nippon ou en colère face aux politiciens traditionnels à la botte d’intérêts économiques (les tributs). Souvent ils sont les porte-voix et simples instruments de la haute fonction publique japonaise et des grands groupes industriels. On croit revoir l’émergence des Zaibatsu, les conglomérats d’avant guerre, avec des pantins attrayants placés au premier rang.

Ce qui marque une intéressante évolution de la vie politique c’est que les sondages ont forcé la main aux électeurs japonais dans leur choix jusqu’à ce jour. Les médias japonais ont donné, sans que l’on sache exactement pourquoi, l’avantage au PLD. Vont-ils réussir? Depuis plusieurs mois, depuis le printemps 2012, ce parti PLD est mis en avant comme parti recours. Hier, il y a 3 ans, il était détesté par les mêmes électeurs pour ses recours permanents à la corruption et aux vieilles recettes du “Pork barrel policy” (projet de construction publique local financé par le gouvernement central) de façon exagérée. Autre parti en vogue selon les publicitaires qui investissent le territoire politique: les patriotes-nationalistes du Parti de la Restauration Japonaise du bouillant ex-Gouverneur de Tokyo Shintaro Ishihara et du non moins bouillant maire d’Osaka Toru Hashimoto.

Tout cela signifie par conséquent un retour musclé des néo-conservateurs nippons. Grands thèmes politiques mis en avant par les médias japonais: la taxe à la consommation japonaise qui va doubler, 8% en avril 2014 et 10% en Octobre 2015. 2015 est peut-être la date de retour des démocrates au pouvoir. 

Car aujourd’hui il subsiste des désaccords dans le camp conservateur. Le PLD est désuni sur le TPP, un accord de libre échange avec les Etats-Unis, sur le nucléaire depuis Fukushima qui provoque l’inquiétude des électeurs locaux, sur la résolution de la crise diplomatique avec les voisins asiatiques sur des litiges territoriaux, avec la Chine et les Senkaku Diaoyu, et la Corée du sud avec Takeshima Dokdo. Et sur la Corée du nord avec les lancements répétés de missiles-fusées de la RPDC, dont le dernier en date cette semaine qui a propulsé prématurément la Corée du nord dans le club des nations équipées de missiles ballistiques. 

Le programme des faucons élus dans les grandes villes japonaises au sein du PLD vise notamment aux modifications de la Constitution afin de faire du Japon une nation plus militarisée, plus compétitive aussi a l’égard de la Chine, plus nationaliste. Abe veut créer une armée et non plus se contenter de Forces Japonaises d’Auto Défense. En économie, Mr Abé lance d’étranges chants aux marchés financiers, et entend “faire de l’inflation”, environ 2 ou 3 % pour relancer l'économie, la croissance avril juin était en contraction de 0.03%, il veut asservir la Banque du Japon à son programme politique. “Le Gouverneur de la Banque du Japon est prié de rejoindre le conseil d”administration” de Japan Incorporated, a-t-on entendu durant les débats électoraux.

En Asie cette élection est vue comme importante. Et le Japon? Les japonais sont-ils gavés de politique et de matérialisme (relire Lafcadio Hearn-Yakumo Koizumi 小泉 八雲) au point qu’ils ne font pas confiance en leurs dirigeants politiques et les traitent comme des acteurs d’un show télévisé ininterrompu? 


Le vote a été boudé ces dernières années et il a fallu l’accident nucléaire de Fukushima pour dynamiser l’activisme en politique. Activisme bientôt récupéré par une myriade de petits partis afin de capter les votes des japonais qui accordent leur suffrages, les familles, les jeunes, et les mères surtout, aux “anti énergie nucléaire” entrés en guerre pour longtemps contre l’industrie atomique et contre Tepco et ses clones comme des Don Quichotte allant affronter de gigantesques moulins a vents. Les japonais ordinaires ont fait de Hiroshima un symbole contre l’arme atomique, Fukushima est devenu un symbole contre l’énergie nucléaire après le tsunami de mars 2011 et Fukushima qui inquiète toujours considérablement, entre contamination de la chaine alimentaire, et l’absence de transparence de l’industrie atomique qui pousse à redémarrer des réacteurs vieux de… 40 ans ou construits sur des failles sismiques, ou au recyclage des déchets, pour en faire quoi exactement?

Le Japon montrera plus fermement encore sa défiance face aux nucléaire les années venant. Vivre au Japon et se rendre régulièrement dans le Tohoku suffit pour s’en rendre compte, ce que rappellent fréquemment, chaque jour même, les constants tremblements de terres. Le dernier faisait M7.3 il y a quelques jours. Il a provoqué 6 heures d’intense anxiété! Paris m’avait appelé par 2 fois tant les télex crépitaient, je savais par expérience que cela serait vite stabilisé, sauf peut-être sur les sites industriels du nord, sur le littoral, sur les centrales nucléaires. Le gouvernement Noda s’est montré à la hauteur, cette fois. Les japonais ont repris leur vie quotidienne. En fait nul ne sait pourquoi la température est brutalement montée sur la centrale de Fukushima ce jour.

En effet les japonais sont plus intéressés par le quotidien que par les litiges internationaux. Les japonais attendent qu’on leur parle de travail, de salaire, de santé, de retraite, de sécurité, de Fukushima et surtout de modernisation de la société, du rôle accru des femmes, du vieillissement de la population.

Shinzo Abe c’est aussi le TPP, accord de libre échange avec les USA, ce qui pourrait faire de l’ombre au projet européen. Les économistes et les hauts fonctionnaires japonais disent que les grandes lignes du programme de monsieur Abe ne sont qu’effets de manches pour extraire les votes allant naguère aux démocrates du PDJ de monsieur Noda.  

Les alliés américains ne seront pas mécontents si le PLD qu’ils ont créés après guerre, met un terme à l’aventure réformatrice du PDJ qui a bien failli les menacer et en cela leur influente présence militaire et politique en Asie et leurs bases du Japon, particulièrement sur Okinawa avec 50.000 forces armées et les Marines expédiés sur l’Iraq ou l’Afghanistan ou la Chine ou la Corée, les Philippines ou “protégeant” l’archipel par une alliance militaire qui se cherche dores et déjà un second souffle. Washington demande à Tokyo un coup de pouce dans la défense collective face aux montées d’influences des chinois et des russes en Asie du Nord-Est et dans le Pacifique et la pression mise par la Corée du nord.

Quoi qu’il en soit… tout cela ressemble à une grande partie de poker menteur car l’interdépendance économique, industrielle et commerciale des chinois, taïwanais, coréens, japonais et russes (le Japon discute ferme LNG et stockage de déchets nucléaires avec les russes) en plus du leadership américain sur la région, ne semble pas en mesure de mettre un terme à la lente ascension de la région asiatique en un devenir de nouveau poumon économique global qui ne devrait pas connaitre trop de sursauts culturels et politiques. A moins que...

Essouffler les chinois est donc aujourd’hui la priorité de l’axe Washington - Tokyo. Les conservateurs japonais du PLD ou du PRJ s’agitent en donnant des coups de coudes aux voisins venus d’un communisme orthodoxe et nouvellement séduits par le chant des sirènes du capitalisme d’Etat. Les grands patrons industriels et les banques d’Asie du Nord-Est ont pris leur billet pour une intégration régionale Asie Pacifique. Pour preuve la reprise des discussions depuis 15 jours sur un accord de libre échange Asie Pacifique. Pas très bon pour l’Europe tout cela.

Les japonais pendant ce temps vivent aujourd’hui comme il y a 20 ans, sauf que la crise et la sécheresse des somptueux budgets d’Etat ont fait évoluer les caractères, suscités davantage de responsabilités et de créativités. Les japonais engoncés dans leur groupisme insulaire les rendant hermétiques aux yeux des “non-japonais” se préparent aux jours difficiles. L’épargne est colossale, si importante que des politiciens parlent, comme Ishihara le fait, de contraindre les japonais à investir dans leur économie. Ce que font les banques et entreprises néanmoins dans l’achat de Bons du Trésor. 

On parle depuis l’étranger d’une crise de société, en réalité une crise que l’on ne voit pas au Japon. Il n’y a pas de pauvres dans les rues. Le luxe se maintient dans la capitale, Cartier est venu de Paris au grand complet pour lancer sa dernière montre chic à Tokyo cette semaine! Il y a peu de chômage au Japon, 5%, même si la situation est en réalité plus grave dans les régions. Ce qui explique l’appel lancé par le “Destroyer” Ichiro Ozawa cette semaine, à mon press club, pour “lutter avec courage contre le système clanique de la bureaucratie japonaise” et décentraliser vite! 

Les jeunes créent, il leur faut quelques semaines de recherches pour trouver chaussures à leurs pieds, ils trouvent du vrai boulot pas forcement des jobs à vie, bref le Japon qu’on dit "exsangue" puisqu’il est endetté à l’égard de ses propres banques, dette égale à 2 fois ce qu’il produit en richesse, n’a pas été envoyé au tapis. Alors quelle est la recette de la 3e puissance économique mondiale?


L’avenir est loin d’être rose, la jeunesse japonaise est anxieuse. Sauf dans l'univers virtuel, dangereux miroir aux alouettes. C’est pourquoi, juste avant les élections, monsieur Shinzo Abe, le dirigeant des libéraux-démocrates qui ne sont “ni libéraux ni démocrates” mais qui sont devenus refuge des électeurs en quête d'idéal, pas forcément la majorité des japonais, et d’un parti sur la voie du nationalisme pour cause d'inflammation médiatique depuis les Senkaku, ira s’adresser devant la Mecque de la jeunesse japonaise à Akihabara, Tokyo. Le royaume des Manga et des Anime, des AKB48 de la J-Pop, mais aussi haut-lieu des illusions du virtuel renvoyant aux électeurs l’image d’un Japon menacé et attaqué de l’étranger. Abé va pêcher le vote "Otaku"...

Pour séduire la jeunesse pop japonaise, Shinzo Abe va-t-il se transformer en “fan” du danseur chanteur rapper “Psy” et de la mode Rap Gangnam Style pour séduire la jeunesse nippone d’Akihabara qui pour l’heure ne se reconnaît pas le moins du monde en cet “héritier” d’une famille politique qui a toujours “couché dans le lit” de la puissante Amérique depuis 1945, disent ses propres ennemis au sein du PLD?

Le PLD de monsieur Abe devient la force obligée, le miroir déformant dans lequel les électeurs ont été contraints de se voir grâce aux pressions quotidiennes des 5 grands journaux nationaux et des 5 grandes télévisions japonaises sur les électeurs. Suprême manipulation? Le Japon aura lundi son 7e premier ministre en... 6 ans!


Wednesday, November 21, 2012

"Unless you have nuclear weapons 
you really do not have significant voice!"
Shintaro Ishihara





Shintaro Ishihara at the press club in Tokyo Tuesday, I asked him to share his views and motives and why he wishes a strong remilitarised Japan, why he does not trust diplomacy and prefers the force of the gun. We also asked the new president of Nippon Ishin no Kai (Japan Restoration Party) about nuclear defence policy, even-though there is a risk to endanger regional denuclearization efforts. 

Statements of Mr. Ishihara: 

On nuclear weapons: "Unless you are able to have nuclear power, nuclear weapons, you really do not have significant voice on the international stage." 

On the Senkaku: "If the Japanese are not willing and determined to shed their own blood you cannot expect the United States to step in and help. The point I want to make is you have to stand up." 

On China: "The government should try to resolve disputes with Beijing in a calm but resolute manner." 

What Shintaro Ishihara stated is that he now wants to start this nuclear simulation to develop a stronger deterrence power. Ishihara also wishes to share with the US the conventional strikes missiles that he says "can cause calamitous damages." 

Mr. Ishihara said he talks in private capacity, but he actually is the president of the Japan Restoration Party. So he means what he said. 

(Parts of his answers in this VDO on youtube. Not every segment corresponds to what Ishihara said and is in the order he said it due to the editing of this event.) 

Ishihara also criticised with irony the US president Peace Nobel prize saying that 6 months after he received the prize, US restarted nuclear test simulation. I also was listening with great caution what he said to me answering my question (13 minutes in 2 segments) about the patriotic-nationalism of de Gaulle who gave France her independence and rank as a major power. France with whom Japan has a very strong civilian nuclear cooperation for decades now.

Now what exactly is nuclear weapon simulation Ishihara advocates as a deterrence? What is it and what does it require technically, and does it mean Ishihara is to pave the way for a nuclear military industry build-up by Japan? Will therefore Japan keep its nuclear power plants industry to fuel a nuclear arsenal? Then question is where does Japan stand now regarding technological expertise in conducting nuclear simulation? 

It remains to see the result of the general elections of December 16th and if Mr. Ishihara's party will gain a seat in the cabinet in case of victory of the conservatives. That is, if LDP Shinzo Abe does not continue his cataclysmic statements during his campaign, such as how to finance deficits and setting a 3% inflation target. By the way, yesterday, BOJ dismissed Abe's talk of forcing the central bank to buy government bonds "in a bid to stoke the world’s third-largest economy." To be continued certainly...




Photo and interpretation of Mr. Ishihara from our Fccj staff




Copyright Jlk 2012