Saturday, August 09, 2008

Des nids d'hirondelles et des jeux!




[Mise a jour / Update: "Les autorités chinoise ont reconnu que le programme télévisé de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin comportait des images truquées et prémontées de feux d'artifice." "The broadcast of the Beijing Olympics opening ceremony used computer-generated fireworks, including a fake shake to simulate helicopter filming Chinese officials said" ... A suivre]

Le spectacle de la cérémonie d'ouverture des JO 2008 de Pékin, 100 millions de $, et ce coureur (athlète ou pantin) ne faisaient nullement regretter l'absence de Spielberg et de Hollywood, car naturellement la culture, si brillante dans le monde Chinois, a toujours échappé aux oppresseurs. Hélas, rien dans ce show hi-tec du niz d'hirondelle enflammé n'évoquait le demi-siècle écoulé, ses transformations, le douloureux héritage vécu et le présent de la Chine de 2008. Comme un défi lancé à la face des chinois et du monde extérieur, les redoutables feux d'artifices, bientôt éteints et avec eux l'esprit de fête, ne symboliseraient-ils qu'un rêve virtuel de domination et de vanité?

On peut lire que "L'écrivain Roger Faligot, spécialiste des services secrets chinois, s'est dit impressionné par le piratage par Reporters sans frontières (RSF) d'une fréquence FM à Pékin pour évoquer la liberté d'expression en Chine, 12 heures pile avant l'ouverture des JO. "Le dispositif mise en place par les Chinois à l'occasion des JO est pourtant le plus important jamais monté à l'occasion de ce type d'événement". Roger Faligot évalue à "300.000 ou 400.000 personnes", le nombre des Chinois des services de renseignement et de sécurité affectés à la surveillance des JO de Pékin.


Manifestation virtuelle de RSF sur Internet lors des JO de Pékin 2008

Sur l'attaque dont a été victime le site internet de Reporters sans frontières, cet expert a affirmé qu'il "était étonné que cela ne soit pas arrivé plus tôt" mais sans mettre en cause directement les services spécialisés chinois. Roger Faligot a relevé que, selon le site du quotidien de l'Armée populaire, la coordination offensive et défensive de la guerre cybernétique avait été confiée à la sécurité militaire mais sous la tutelle directe du département de l'Armée populaire de libération (APL), un "fait très nouveau".



Je me disais bien que j'avais eu des problèmes avec Internet ces derniers temps...

A lire aussi dans les Echos du 6 Juillet:
LA CHRONIQUE DE FAVILLA: La Chine a déjà perdu les JO
"Ensuite, compte tenu des engagements pris devant le CIO, on aurait pu espérer pendant cette période que la Chine gère avec un peu de subtilité la question des droits de l'homme. Or on a eu droit à un festival de répression, depuis les massives mises à l'ombre de dissidents tibétains ou tout simplement démocrates, jusqu'aux refus de visas de certains journalistes, en passant par le blocage à géométrie variable de l'accès aux sites Internet et la transformation de Pékin en ville en état de siège avec blindés et batteries de missiles, comme si les militants ouïgours étaient devenus en un mois un péril imminent... jusqu'à l'attentat de lundi qui leur a été imputé. Enfin, « last but not least », l'ambassadeur de Chine à Paris s'est permis d'ajouter l'arrogance à l'inconvenance en menaçant la France de foudres célestes si le président de la République osait recevoir le dalaï-lama. Avant cet épisode olympique, l'image de la Chine dans le monde était presque tout entière colorée par son exceptionnelle réussite économique. En quelques semaines, elle a commis, sur le terrain politique, toutes les erreurs conduisant à ce qu'elle apparaisse d'abord comme une dictature et en second lieu seulement comme un géant économique. Les Jeux seront sûrement un magnifique spectacle ; mais pour la Chine, ils sont déjà perdus."

Perdu? Non, pas pour tout le monde. A suivre...

Wednesday, August 06, 2008

CHINE & JAPON: Presse gâtée...

A propos de la pratique quotidienne du journalisme en Chine et au Japon.



Censure, collusion ou répression.

Deux journalistes japonais, qui couvraient lundi les suites de l'attentat à Kasghar dans le Turkestan Chinois, ont été brutalisés par la police chinoise qui leur a ensuite présenté des excuses. Un fait de plus à mettre au compte des autorités chinoises, dans cette période hystérique précédant les JO de Pékin 2008. Mais les médias japonais auraient tort de se croire innocents et feraient bien de réfléchir sur l'état des lieux de la presse dans leur propre pays, le Japon.

Nous sommes 560 professionnels des médias internationaux qui travaillons a Tokyo et sommes réunis au sein du FCCJ et du FPIJ, le club des correspondants permanents de la presse étrangère au Japon, 560 journalistes dont les 3/4 sont actifs, les autres étant des journalistes issus de la presse japonaise anciennement en poste outre-mer, sur un effectif total de 2.200 membres (entreprises, organisations professionnelles, ambassades, membres individuels, etc). Au FCCJ de Tokyo, nous sommes des journalistes étrangers, accrédités par des journaux, hebdomadaires, télévisions, radios, par des sites Internet, auprès des autorités japonaises compétentes, le ministère japonais des affaires étrangères. Nous accueillons tous les journalistes étrangers de passage au Japon ainsi que la presse japonaise, libre de venir assister a nos événements. (Conférences de presse, débats, films, bibliothèque, restaurants).


Conférence de presse au FCCJ, Tokyo

Certains d'entre nous sont également accrédités en Corée (ROK) et en Chine (RPC). Après les difficultés rencontrées a l'occasion des manifestations Tibétaines, du séisme du Sichuan et des préparatifs des JO de Pékin, nous avons réussi a nous mettre d'accord sur un communiqué de protestation adressé hier lundi a la Chine et au CIO. Pour le consulter en ligne: Cliquer sur le titre de ce post.

Chine et Japon, les mêmes fantômes

La situation des médias en Chine, on le sait, est qu'il n'y a pas de liberté de la presse. De nombreux confrères et consœurs en savent quelque chose. C'est devenu une loterie avec risque de coups de matraques a tous les coins de rues, a tous les carrefours, sur toutes les places... a moins de jouer les thuriféraires officiels des gouvernements et régimes en place.

La situation japonaise, et cela on le sait moins, est que partout au Japon (depuis 1890!) des "clubs de presse", les Kishas clubs, bloquent l'accès et la diffusion des informations au monde extérieur. Ces clubs de presse japonais sont ouverts exclusivement a 5 grand quotidiens et 5 TV nationales et a des agences de presse japonaises et étrangères (gouvernement, administration, grandes entreprises, municipalité, commissariats, partis politiques, la Bourse de Tokyo, la banque du Japon, Palais Impérial etc). Il est interdit a un journaliste japonais ou étranger non membre du Kisha club d'assister a un événement média, une conférence de presse, et de poser une question dans ces "clubs de la censure japonaise". Les free lancer non accrédités, les photographes en particulier, rencontrent des difficultés quasi insurmontables. Les médias japonais se veulent être le fruit d'une élite, et considèrent comme inutile et dangereux d'introduire des "parasites" dans le système médiatique de l'archipel.

Concurrence déloyale et inéquitable

Les agences de presse étrangères (AP, Reuters, Bloomberg, Afp) ont réussi a se mettre d'accord pour s'imposer (grâce aux efforts "physiques" de Bloomberg en particulier) mais se bagarrent entre elles pour faire le commerce de cette information précieuse et surtout des images TV et Photos. Souvent les agences de presse veulent être les seules a "transmettre l'information" et des baronnies se sont donc installées au coeur même de nos médias étrangers travaillant en Asie. Les agences de presse anglo-saxonnes ne se pressent pas au portillon pour démocratiser le système et en faire bénéficier tous les médias étrangers. Elles aussi et les journalistes correspondants accrédités n'ont pas souvent le droit de poser de questions comme c'est le cas aux conférences de presse du Premier Ministre japonais. Souvent des mascarades avec questions préparées ou communiquées a l'avance. Même a la Banque du Japon (c'est un comble quand on sait l'endettement de ce pays, 7 trillions de dollars) comme me l'a fait observé récemment le président du FPIJ, mon collègue Peter Alford de The Australian.

Conséquence: une présentation parfois malhonnête ou risque de partialité, un déficit de démocratie dans un pays le Japon, qui vit dans la hantise de ne jamais devenir une grande puissance, au coeur du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Alors que fait-on au mieux? On s'organise en pool, mais au final les agences de presse étrangères (AP, Reuters, AFP, Bloomberg) font comme les grands medias japonais et conservent leur avantage et leurs marges, et imposent une sorte de monopole sur l'information au monde entier. Nul besoin d'imaginer ce qui peut germer dans l'esprit d'un "Bloomberg boy" trop soucieux de plaire a son PDG ou aux reporters d'AP, souvent la seule agence au telex présent dans les antichambres des juntes asiatiques.

Naturellement nous avons condamné depuis des années cette pratique japonaise de la censure (IFJ, RSF, EU, UN, OCDE, etc) imposée aux journalistes étrangers. Les envoyés spéciaux au G-8 de Toyako ont pu comprendre les conditions extrêmement difficiles de l'exercice de notre profession au Japon. Tant pour déchiffrer les intentions et mystères des communiqués officiels que pour présenter a nos sièges des médias, en France ou ailleurs, la seule et unique interprétation d'un fait aussi banal que le nombre de manifestants présents a un rassemblement bruyant de l'extrême-droite nippone un 15 Août au Yasukuni Jinja. La Représentation de la Commission Européenne au Japon s'est emparé du dossier. Sans réussir a enfoncer cette grande muraille de la censure nippone.

Riposter

Il serait intéressant, voire approprié, qu'un jour, nos collègues français et européens refusent l'accès et le droit de questionner a la presse japonaise (et chinoise) a titre de réciprocité pour voir l'effet que cela ferait dans les états-majors de la puissante presse japonaise. La réciprocité, et, la riposte graduée, inscrite dans la Charte des Nations Unies... Je vis et travaille depuis 20 ans en Asie et je suis persuadé que le Japon et la Chine ouvriraient davantage leurs portes. Car contraints et forcés de pratiquer la même règle du jeu sous peine d'être exclus des conférences de presse. Cela serait en outre le signe d'une solidarité exemplaire.

On le comprend, les journalistes correspondants étrangers rencontrent donc des difficultés invraisemblables, parfois insurmontables d'une part face aux pratiques de censure japonaise, mais d'autre part du fait de leur exclusion d'événements qu'ils pourraient, selon les cas, couvrir en moins "politiquement correct" que les medias locaux. Pire, le mouvement s'étendrait a toute l'Asie, résultat de cette politique de censure bien gérée avec l'accord des grandes agences de presse anglo-saxonnes en particulier. L'AFP, aux moyens de plus en plus réduits, n'occupant dorénavant qu'un strapontin dans ce système très pervers, bien que l'agence ait pour mission de diffuser ses dépêches en anglais a toute l'Asie.

A ce propos, on fait grand jeu depuis Chirac ou Sarkozy (Mitterrand avait boosté RFI) de vanter les TV en diffusion continue, du genre CNN ou BBC World par des ersatz comme France 24. Mais pour ceux et celles qui ont vécu la révolution des médias depuis l'étranger, et dans une Asie en puissance en particulier, il apparaît a beaucoup que le véritable projet stratégique n'aura pas été atteint. La feuille de route gagnante serait de décupler les moyens de l'AFP qui s'imposerait comme la grande agence internationale non anglo-saxonne. Et naturellement d'accompagner et de fournir des moyens convenables aux journalistes des médias accrédités a l'étranger. C'est encore a se demander si les projets médiatiques français, si projets il y a jamais eu, ont été pondus sur un coin de nappe en papier au bistrot du coin en attendant l'espresso. Anecdote authentique que m'a rapporté une personnalité de l'audiovisuel français, un soir, dans l'un de ces bars hallucinants du Tokyo irrémédiablement "lost in quotations..."

REFERENCES et LIVRES:

- Un espace de liberté et de professionnalisme: Le Foreign Press Center in Japan


Logo du FPCJ, Foreign Press Center in Japan

Le seul exemple de dévotion et d'honnêteté professionnelle engagé par le Japon a l'égard de la presse étrangère se trouve au FPCJ, le Foreign Press Center in Japan, qui aide rigoureusement les correspondants et les journalistes du monde entier, sans discrimination. Créé en 1976 au titre de fondation a but non lucratif, le Foreign Press Center a été mis en place par le Keidanren, la centrale patronale nippone, l'association de la presse japonaise, et des donateurs institutionnels et privés. J'ai, et des centaines de collègues, constaté depuis des années son efficacité, son utilité et son respect de l'ethique professionelle. Véritable oasis!

L'URL du site du FPCJ: http://fpcj.jp/

- Rapport 2008 de RSF sur les "Kishas clubs du Japon. J'ai fait inviter Robert Ménard de RSF lors du passage de la flamme Olympique a Nagano. 150 journalistes sont venus assister a cet événement le 25 avril dernier, retransmis par une quinzaine de chaînes de TV.
www.rsf.org/article.php3?id_article=25449

- Le livre "Closing the Shop" de Laurie-Anne Freeman, Princeton University Press, sorti en 2000, branche les projecteurs sur l'absence de neutralité et sur les cas de collusions de la presse japonaise. Il serait intéressant de lire un titre francais sur ce sujet et un travail sérieux sur la presse en Chine et en Inde. Peut-être après les JO 2008 qui sait?

Monday, August 04, 2008

Lighthouse, le phare de Leonce Verny



Le Phare de Kanonzaki, port militaire de Yokosuka

Bâtir une ambitieuse défense nationale...

"Le Japon se tourne dès janvier 1865 vers le
gouvernement français pour construire un arsenal à
YOKOSUKA. L'Amiral JAURES, commandant la Division
Navale des Mers de Chine et du Japon, fait venir de
Chine un jeune ingénieur des Constructions Navales âgé
de vingt-cinq ans, Léonce VERNY. Admirablement
soutenu par le Comte OGURI, Ministre japonais des
Affaires Etrangères et promoteur japonais de ce
projet, il saura surmonter en sept ans les
innombrables difficultés inhérentes à ce chantier de
2000 ouvriers.

Léonce Verny VERNY fit combler deux bras de mer avant
d'abattre une montagne pour former le terrain sur
lequel allaient s'élever les différentes
constructions. A la fin des travaux, l'arsenal,
abrité derrière de petites collines, comprend deux
bassins dont un de 110 mètres de long, trois cales de
halage et des ateliers de construction de coques.




Phare de Kanonzaki devant le Pacifique

Parallèlement, VERNY crée une école d'ingénieurs et
une école d'architecture navale avant de construire
plusieurs phares. Le phare de KANONZAKI, mis en
service en 1869, sera ainsi le premier phare moderne
du Japon

D'autres ingénieurs français prendront plus tard la
relève de Léonce VERNY dont Emile BERTIN qui,
Conseiller technique du Ministère japonais de la
Marine, contribuera au développement de la Marine
japonaise. Il a ainsi formé une génération
d'ingénieurs japonais et dessiné trois bâtiments de
combat, tout en participant à la construction des
arsenaux de KURE et de SASEBO. Ces pionniers
participeront donc indirectement aux victoires navales
japonaises sur les Chinois (1894) et les Russes
(1905). Chaque année, la Mairie de YOKOSUKA organise
une cérémonie à la mémoire du Comte OGURI et de Léonce
VERNY. Cette fidélité témoigne de la force du lien
créé alors entre les hommes chargés de la réalisation
de ce très ambitieux projet."



Arsenal de Yokosuka aujourd'hui

(Sources: Consultant Ch. Polak & ambassade de France au Japon)

Sunday, July 27, 2008

Nid d'Aigle



"Le Milan noir (Milvus migrans*) est un rapace de taille moyenne de la famille des Accipitridae, fréquent compagnon des randonneurs au Japon. Ce milan est une espèce à l'aire de répartition extrêmement vaste qui comprend les zones tempérées et tropicales d'Eurasie, l'Afrique tropicale et une partie de l'Austral-Asie.

Le Milan huit. Il surplombe, vrille, effectue des piqués vertigineux parfois sur ses congénères qu'il évite au dernier moment, accomplit des remontées en chandelle, chutes en feuille morte, les serres accrochées à sa proie. Son cri modulable est une sorte de sifflement tremblé. Sifflement tremblé bruyant hiu huuhuu lors de la nidification. Son cri d'alarme est un kie-kikiki pour chasser ou séduire.

De tous les rapaces, c'est de loin celui qui possède le registre le plus mélodieux. La population de ce cousin des grand aigles des Alpes japonaises a fortement régressé depuis les 20 dernières années. Les causes du déclin sont multiples: la persécution par l'homme, la chasse, les collectionneurs, les empoisonnements et la modification des pratiques agro-pastorales. Sur l'archipel son activité quotidienne semble davantage azimutée sur le pique-nique des randonneurs que sur la chasse traditionnelle.

Sa résidence de préférence va aux vallées de montagnes et aux terrains bas. Le site choisi doit tenir compte de deux impératifs : premièrement, la présence de grands arbres ou d'escarpements rocheux favorables à la nidification ; deuxièmement la proximité de l'océan pacifique, de cours d'eau, de lacs ou d'étangs qui sont nécessaires à son approvisionnement et à son alimentation. Le milan noir peut également stationner en bordure des villes."

Comme tout un chacun au Japon, il affectionne particulièrement les relations humaines. Gare aux Bento!

*Revue en ligne

Thursday, July 17, 2008

Enfants "kidnappés" au Japon

Chaque année au Japon, à la suite d'une séparation ou d'un divorce, 166.000 enfants sont coupés, le plus souvent définitivement, d'un de leurs parents, selon des statistiques officielles. Dans 80% des cas, c'est le père, japonais ou étranger, qui perd tous ses droits sur l'enfant et est en outre condamné à verser des indemnités et une pension alimentaire à la mère. Pour présenter ce dossier ahurissant j'ai fait inviter, au Club des Correspondants de Tokyo, 3 spécialistes et 6 parents victimes de ces cas d'enlèvements, le 14 juillet, dont Thierry Consigny, un élu des Français de l'Etranger et ai assuré la présentation-modération de la conférence de presse.



Ahurissant car contrairement à ce qui se passe dans les autres pays développés, le droit de visite n'est pas inscrit dans le Code civil japonais et l'enlèvement d'enfant n'est pas considéré comme un crime! Le Japon considère que l'enfant doit, comme le foyer, bénéficier de la protection du foyer garanti par la loi...

Les enlèvements se pratiquent donc également à l'étranger et une fois revenu au Japon, le parent kidnappeur n'a rien à craindre de la justice de son pays, car le Japon et la Russie sont les seuls membres du G8 à ne pas avoir signé la Convention de La Haye sur les aspects civils des déplacements illicites d'enfants. La presse japonaise a annoncé une signature pour 2010, mais cette information n'a pas été confirmée par le gouvernement japonais.

"Le ministère de la Justice est partagé sur cette question", pour Thierry Consigny, conseiller de l'Assemblée des Français de l'Etranger. "Et même si le Japon signait cette convention, il faudrait ensuite changer le Code civil pour qu'elle soit appliquée dans les faits". Le Japon a ainsi signé en 1994 la Convention de New York sur le droit des enfants à voir les deux parents, mais cela n'a rien changé."

Les témoignages des parents tels ceux de Masako (a ma gauche sur la photo), nippo-canadienne, ont permis de mieux faire saisir la gravité de la situation d'enfants privés de l'un de leurs parents, mais pire encore, ont permis de constater que la nationalité étrangère de l'enfant est gommée par le système en place au Japon. Une évolution "pour le bien des enfants" déclarent les panélistes devra voir le jour afin de mettre un terme aux souffrances de ces parents et de ces enfants, victimes d'un système inique alors que le Japon se place de lui-même aux premiers des rangs des nations développées et démocratiques.

Wednesday, July 16, 2008

The allusive 2008 Akutagawa vintage


Chinese writer Yang Yi is the first foreigner, non-native speaker of Japanese, to receive the literary Akutagawa Prize: The 44-year-old Yang’s award-winning work is titled “Tokiga nijimu asa”, meaning “a morning when time blurs".The book is set during and after China’s Tiananmen massacre and the demonstration attempts for democratization in 1989. The story tells of a Chinese man who lived through those times and later moved to Japan, still holding on to his ideals. ” As a foreigner I have written novels and I am thrilled to have been recognized in this way,” Yang, 44, teaches Chinese language in Japan.

In the past the Akutagawa Prize has been awarded to Korean writers living in Japan and happens in the context of the pressure imposed by China, on its neighbors and on western nations, to sanitize all foreign criticisms about China's striking record on the human rights. Japan chose trying to ease tensions with China, this price nevertheless is coming as an intelligent, allusive, surprise for many Japanese politicians, the right right side... Already, it attracted harsh criticisms from some tenors of the political life in Tokyo. The 2008 prize is offered the day after the International Criminal Court of the Hague launch arrest on China's supported Sudanese president Béchir who is accused of killing his population, risking to end his days in jail.

Friday, July 11, 2008

Beijing Olympics and Tiananmen legacy


Student leader Wang Dan addressing Tiananmen Square, May 27, 1989

Geo Visitors Map

"Even if China occupies a certain position in current geopolitics, one has not to emancipate China's usual answer, which is, slaughtering her own people as soon as the regime decides a new campaign, or changes policy, implicating that heads will immediately roll in the middle kingdom. More than ever our job is to watch and monitor."

I wrote these lines on a professional forum of Tokyo based journalists because I am amazed to see how many people, including reporters, seem to have completely forgotten that next year will be the 20th anniversary of Tiananmen bloodshed.

I lived and worked in Beijing China in the dawn of Tiananmen events, when the seeds of liberty flourished into the society. I therefore spent months listening to students and workers of various units, helped in this by my hybrid Sino-French professional status. I still visit this country both privately and professionally.

The first demonstrations I saw from my Beijing balcony happened in spring 1986. Initiated by Middle East and Africa born students complaining about the increase of prices and difficulties of living with their meagre scholarship, and racism against non-Han people. They marched from Haidian to Tiananmen. It exerted considerable influence on young Chinese students from Beida for instance.

We observed things and all of us living and working with the Chinese society knew that as soon as the Deng Xiaping regime, too lenient with Hu Yaobang or Zhao Ziyang according to the marxists conservatives, would give signs of weakness, the country would again enter into chaos.

I think it is interesting to debate about neutrality on our blogs, fora, pages and media, watching youtube and daily motion images of the events, while reading straight and shocking allegations that there was no massacre on Tianamen June 1989. Is it a matter of location? Should we say that it was also in Xidan, Qianmen or on the highway crossing near Youyi Shangdian?

Regarding the case for instance of Liu Guogeng, this Chinese soldier killed June 3rd in the evening by the Chinese people and burnt later on by the masses, this is a case that was used in June 1989 and after by Chinese propaganda to describe the violence of the demonstrators and zigzag the People's attention far from the PLA units, in particular the soldiers who remained stationed within the forbidden city and near Zhongnanhai. Soldiers who used their guns against kids, ordered by the winning faction of the Chinese leadership. (It ended into a weapons embargo from US and EU on the sales of any weapons to the Beijing Chinese regime.)

It is not a matter of numbers of people killed as it has been said everywhere. It is not a mater of saying that there were or not Taiwan or other nations' spies on Tiananmen too. It ended into blood shed. 200 or 3000 dead? Bloodshed also is a matter of balance of power in China as it still is the case in the numerous cases of people who are killed or jailed to have opposed the party and mingled inadvertently with the political struggle at the top. Tibet, Xinjiang, Han farming villages.

Asking today to the witnesses, associations of human rights or to the mothers of Tiananmen and brothers or sisters of the killed ones (workers, students, military) what happened to their daughter or to their son like Mr Wu Xiangdong and to other parents who lost their children, is participating to the establishment of facts and therefore a perfect call to neutrality.



Today, near Tiananmen, facing the Raffles (Beijing) hotel is the building of the Chinese security. Powerful these days as claims of terrorism are hastily made here and there. It is still forbidden today to interview people or drop by the square passed a certain time in the evening. Ghosts, probably...

Thursday, July 10, 2008

Le Sommet du G8 vu par la presse japonaise


Mainichi Shimbun

Un regard sur la presse quotidienne japonaise qui a couvert le sommet du G8 de Toya-ko, un exemple avec le Mainchi shimbun au tirage de 5,4 millions d'exemplaires / jour. J'ai souvent travaille avec des journalistes du Mainichi et je leur tire un coup de chapeau car leur objectivite et leurs investigations en font l'un des meilleurs exemples du journalisme au Japon. Subsiste néanmoins le délicat problème des "Kishas clubs", les clubs de reporters, j'y reviendrai. L'article est issu du site Internet avec une photo d'illustration des dirigeants du G8 et du G5. J'ai mis en lien (click sur le titre) le site (presentation, deontologie, tirages) de l'association nationale de la presse japonaise, la Nihon Shimbun Kyokai dont M. Tadao Koike, mon "parrain" dans la presse japonaise, a ete le president, il est egalement ancien president du Mainichi Shimbun.

July 10, 2008
洞爺湖サミット:G8と新興国、温暖化長期目標協議を継続
(Global leaders agree to reduce greenhouse gas emissions but set no numerical targets)



拡大会合に臨む(右から)福田首相、中国の胡錦濤国家主席、メルケル独首相、(左から)インドのシン首相、サルコジ仏大統領、ムベキ南アフリカ大統領=北海道洞爺湖町で2008年7月9日午前8時47分(外務省提供)
 北海道洞爺湖サミット(主要国首脳会議)は9日、主要8カ国(G8)に、温室効果ガスの大量排出国である中国やインドなど新興8カ国を加えた主要経済国会合(MEM)の首脳16人が初めて協議し、焦点の温室効果ガス排出量削減について「世界全体の長期目標のビジョン共有を支持する」との首脳会合宣言を採択した。ただ、G8は「2050年までに排出量半減」の長期目標の中身も各国で共有するよう新興国に求めたが、数値目標は合意できなかった。サミットはこの後、議長総括を発表し、3日間の日程を終えて閉幕した。


TOYAKO, Hokkaido -- Leaders of the Group of Eight (G8) and eight other major countries agreed Wednesday to make efforts to sharply reduce greenhouse gas emissions, but stopped short of setting numerical targets.

The 16 members of the Major Economies Meeting on Energy Security and Climate Change (MEM), including China, India and other major greenhouse gas emitters, reached the agreement on Wednesday, the last day of the three-day Hokkaido Toyako Summit.

They are poised to continue to cooperate closely with their efforts to achieve the goal of halving greenhouse gas emissions by 2050, which was set by the G8 members on Tuesday.

However, the success of efforts to prevent global warming hinges largely on whether G8 countries and developing nations, which claim that developed countries are responsible for the accumulation of greenhouse gases, can narrow their differences, say observers.

This is the first MEM session that brought together the leaders of all member countries. The MEM was set up in September last year at the proposal of U.S. President George W. Bush, who claims that no effective agreement can be reached on measures to prevent global warming without the participation of China and India, who are major greenhouse gas emitters.

Of the MEM members, the leaders of China, India, Mexico, Brazil and South Africa had met in Sapporo on Tuesday and adopted a declaration urging developed countries to reduce their greenhouse gas emissions by 80 to 95 percent by 2050.

Wednesday, July 09, 2008

G8 Toyako: No commitment!



N'est-il pas trop tard pour les dirigeants du G8 et les pays emergents? N'est il pas trop tard pour reviser la marche de leur horloge a l'heure de la mondialisation et des problemes qu'elle engendre? Pour m'y mettre au plus vite, je suis alle regler ma montre a la celebre pendule "Clock Tower" de Sapporo, a deux pas de mon hotel. Et ai pris sous le bras le livre de Christian Gerondeau "Ecologie, la grande arnaque" chez Albin-Michel, qui ecrit: "... il n'est pas exclu, tout au moins sur le papier, que nous puissions diminuer, a cette echeance (2050 ndjl) de moitie nos rejets de gaz carbonique par rapport aux tendances actuelles et que l'humanite revienne alors a son niveau actuel d'emission. Elle n'emettrait alors plus au milieu du siecle qu'une trentaine de milliards de tonnes de CO2 par an au lieu d'une soixantaine si rien n'est fait."



La "clock tower" ici joue un role de celebrite comme le meridien de Greenwich en GB. Une difference, ici on a certes vecu des visteurs celebres, mais la population japonaise s'est arrtee la et ne s'est pas mobilisee outre mesure par rapport aux evenements et fora, et avec les visteurs venus pour le G8, afin d'assister aux fora et aux manifestations et colloques mis en scene par Sapporo, par les organisateurs du G8, par les alters ou les ONG (Greenpeace, Oxfam, et les coordinations). Les manifs etaient parfois feroces mais pas de sang verse comme ailleurs. Celle de Oxfam etait plutot bien reussie. Tres pro.



Pas de commitment global

Le sentiment general d'apres sommet de Toyako est que le monde entier a vu durant quelques heures que la bonne gouvernance ne s'achete pas qu'avec de bonnes intentions. Le G8 de 2008 se termine, mais pas de "commitment" des uns et des autres. Bush part avec un large sourire, il a bien drive les japonais avec un objectif tres flou, celui de 2050 (il aura 104 ans et Fukuda 114!) sans engagements ni objets clairement definis.

Les pays emergents ont donc la balle dans leur camp. Chine, Inde, Bresil, Afrique du sud, Nigeria. Ce qui se lit dans cet extrait d'une declaration qu'ils ont sorti aujourd hui: "Any deal between G8 and the major developing countries would have to take into account "the historic responsibility" of the world's old powers. "It is essential that developed countries take the lead in achieving ambitious and absolute greenhouse-gas emissions reductions".



Une analyse assez claire et resumant la situation a ete redigee par le Tokyo Shimbun, un grand quotidien japonais qui a l'habitude de serier ses analyses: Sur la methode Fukuda II:

"The contents of the G8 agreement is far from satisfactory for the prime minister Fukuda. The most serious problem is that the statement did not refer to all major economies' support for setting a long-term goal. Emphasizing that an agreement has been reached among the G-8 leaders, a senior Japanese Foreign Ministry officer said: "They do not urge others to agree to something they do not support." This expression, though, indicates that priority was given to keeping the U.S. and Europe, which are at loggerheads, at the negotiating table. Prime Minister Fukuda wanted to play up his political presence at home and abroad by taking the lead in discussions. But since he devoted himself to playing the role of a coordinator to prevent the discussions from breaking down, he was unable to demonstrate his presence."

Une bonne raison d'etre dans la partie francaise de ces sommets est dans cette petite annonce qui a interesse beaucoup de monde au Japon: Les pays du G8 se reuniront d'ici a la fin de l'annee au Japon pour un forum sur l'energie nucleaire et les energies renouvelables afin de coordonner leur developpement et faire face a la flambee des prix du petrole et du gaz. C'est l'annonce faite par Nicolas Sarkozy en echo a la proposition du British Gordon Brown lors de la recente reunion de Jeddah en Arabie Saoudite. Nicolas Sarkozy; "Cette idée a été acceptée par la totalité du G8 et nos amis japonais se sont proposés pour organiser ce forum avant la fin de leur présidence du groupe des pays les plus industrialisés (les pays du G8) fin 2008"

Mais qu'on ne s' trompe pas, le G8 Toyako Hokkaido aura ete le sommet des hesitations et du dialogue de sourds, on sourit mais on ne regle pas les problemes urgents qui concernent les plus demunis, a savoir les problemes de produits alimentaires et les couts energetiques, voire, la gravite du rechauffement climatique, mais il y a de l'espoir pour les industriels du nucleaire francais et japonais (MHI, Japan Steel, Areva & Co) et chinois. Attention "la reconnaissance vieillit vite" (Aristote)...

Bye Bye Hokkaido

Au Japon tout commence par une ceremonie du the (vert) et se termine par un festival de Taiko (les tambours japonais) au son litteralement envoutant.



Et c'est dans la ville de Kushiro a l'extreme-est de Hokkaido, et a des heures de voiture de Toyako, que je suis aussi alle rendre visite aux pecheurs du Pacifique nord.



Des gens honnetes, solides, respectueux de la nature et des valeurs de solidarite... et ils m'ont offert ce superbe spectacle de "Taiko", coupe de celebre sake en main.



Et avec eux j'ai pu voir comme sur toute l'ile de Hokkaido que j'ai pu visiter que l'ambition de ce sommet 2008 etait de coordonner, de creer des ponts entre Orient Extreme et les autres continents. Un sommet certes d'envergure, mais qui donne l'amere sensation qu'il parait etre un sommet sans engagement des chefs d'Etats et de gouvernements, du moins pas d'engagement venant des pays du G8 mais des autres, les membres du G5, oui. La promesse certainement que les negociations internationales a venir, Copenhague notamment, seront dorenavant etendues a tous les acteurs majeurs du developpement. Un appel a la responsabilite peut-etre?

Que Hokkaido soit remerciee pour tant de gentillesses et de devotions, parfois meme un peu trop si je regarde toute l'attention portee a mes deplacements et questions souvent tres directes. Sayonara Hokkaido... "I'll be back".

Tuesday, July 08, 2008

Un G8 de Toyako totalement... hybride!



Bonjour de Sapporo! Capitale du Hokkaido, nord du Japon.

G8 Day 2.

Vous avez vu la tour Eiffel locale? C'est sur le parc Odori ou se rassemblent les ONG, les centaines de manifestants et les milliers de policiers, et les curieux. Le soir, c'est l'etape obligatoire avant de fondre sur le quartier branche, Susukino. Les discussions, rencontres, decouvertes, infos et la bonne humeur. La ville est agreable, et malgre le temps gris comme la mine d'un fonctionnaire, Sapporo offre un festival d'inititiatives celebrant, ici au moins, la nature avec l'intelligence d'un developpement a taille humaine. Et vous-ai je parle de la gastronomie locale? Goutez-moi cette fondue Gengis Khan... Oishiii! (Delicieux en japonais)



En fait c'est a Sapporo que tout se passe... Rusutsu est une zone de distraction pour nos medias, qui me rappelle, en mieux, le centre des medias de la Ticad. Ici, je discute avec des amis du cru et ma decision est prise, vu le peu de temps precieux dont je dispose pour "ma feuille de route", je mise sur la transparence et le temoignage direct et vais eviter la dialectique du vrai et du faux des communiques officiels. Ah! Sapporo, quelle verdure qui change de Tokyo ou Osaka. La capitale de Hokkaido, elle, sait recevoir. Un coup d'oeil au parc Moerenuma du celebre architecte Isamu Noguchi et sa splendide pyramide de glace faisant face a un mini mont Fuji-san, en verdure of course!



Un G8 2008 totalement hybride donc, tant dans sa constitution que dans ses realisations et debouches, et disent les critiques, Toyako est en totale perte de vitesse, "petulant attempt" disent les britanniques non rebutes par cette grisaille presque Londonienne. Bill Nighy le heros de Love Actually etait la au titre d'ambassadeur de bon coeur d'Oxfam, et on se sentait deja mieux. Malgre une chaleur humide a couper au couteau! Prevoir ici une garde robe impermeable a la saison des pluies et a la mauvaise humeur des bodyguards de Toyako (en fait, des brutes paranoiaques.)



Observateurs, journalistes, economistes et ONG, les desherites font la tete, et si la necessite d'objectifs a atteindre est un bel outil intellectuel, on se demande bien ici qui va accepter de se lancer et partager le fardeau pour regler les problemes, exemple le Darfour, les prix alimentaires, la pollution. Bref une reunion sans vue, et la grisaille de l'histoire est tombee sur Toyako. Le sommet a les yeux dans le brouillard, ou bien est ce le volcan Usu qui se reveille?



Si au debut en 1975, a Rambouillet, on a voulu trouver des reponses aux problemes economiques du moment, force est de constater que l'on denote aujourd'hui des derapages non controles, au club des riches qui vit avec les memes valeurs democratiques mais en desarroi quant a leur raison d'etre avec l'arrivee de la Russie ou de la Chine ou des pays africains. C'est un autre club qui se met en place, et criant plus fort, l'Afrique demande aux nations de respecter leurs engagements en terme d'aide financiere. Exemple quid du G8 de 2005 Ecosse?

La Chine s'affirme comme le probleme numero 1 et concerne toute l'humanite, comme l'Inde. Si le G8 a par consequent totalement change et ressemble a n'importe quel cenacle de dignitaires peu desireux de delivrer des reformes, pourquoi alors ne pas accroitre les competences de l'ONU plutot que de donner une confiance excessive, un cheque en blanc, a un groupement de VIP reunis trois jours par an? Des VIPs qui se reunissaient pour parler d'economie, dans les premieres annees, alors qu'au fil du temps le G8 donne l'impression de surveiller surtout l'actualite immediate comme la guerre en Irak, le prix du baril, ou le Zimbabwe du sinistre Mugabe.

Les exclus de ces G8, meme remodeles a 22 comme a Toyako, font donc la moue. Tout specialiste des relations internationales et dote d'une connaissance de l'histoire tire deja les enseignements de ces reunions a huis clos. En general elles servent a avaliser les decisions des Etats Unis, avec "l'accord constructif" des Europeens et les "demandes et exigences critiques" des derniers venus, Russie, Chine, Inde, Afrique. Bref, la tuyauterie est complexe. J'ai mis quelques mots entre guillemets car ce sont des citations de personnalites qui souhaitent que je ne les identifie pas.


Comment recuperer l'eau des volcans

"La composition du G8 n'est pas legitime" commentent les ONG qui campent aux abords de Sapporo et Toyako. Le G8 "est en crise" me dit-on, car les pays riches donnent le "la" mais "ne sont pas en mesure de controler les problemes economiques du moment". (inflation, hausse du prix du petrole, hausse des produits alimentaires ndjl) J'ajoute lors d'une conversation passionnante avec Ai san, une collegue de Sapporo d'un tres grand quotidien japonais, "que le CO2 chinois et indien se transforme en de quasi nouvelles armes de destruction massive." A quand les energies "propres et realistes" me dit-elle doucement, lors d'un briefing de presse que je couvrais pour un media audiovisuel ici?



Demandeurs et critiques, ces pays se retrouvent aussi sans espoir et constatent que le G8 est incapable de pouvoir regler les problemes du temps. "Je passe mon temps a coordonner les vues des uns et des autres" nous confiait le Sherpa japonais, le dynamique et patient Masaharu Kohno. Il est lui aussi hostile comme son patron Fukuda a l'idee d'accroitre le nombre des pays du G8. Ce que Nicolas Sarkozy a combattu en affirmant urgent de reunir les vrais partenaires du developpement mondial. Reste a trouver une enceinte de taille pour juguler les problemes, en particulier resoudre les problemes economiques. Le briefing sur l'economie mondiale a l'IMC Rusutsu ce jour etait plutot desolant... Sans commentaire. On "prend note", on "s'engage", on est "tres concerne".

Personne n'ose prendre de decision!

Au chapitres des rares bonnes nouvelles, Jose Manuel Barroso a annonce lundi qu'il proposerait a l'UE un fonds dote d'un milliard d'euros pour soutenir le secteur agricole dans les pays en voie de developpement. Une balle de volee me dit un VIP. "Pour l'heure" martelle-t-on aux etonnants et rafraichissants sommets des ONG (qui fleurissent un peu partout sur Hokkaido, Sapporo surtout) "le G8 coute davantage qu'il ne rapporte". Et "depuis le Plaza", me confie aussi sec un haut fonctionnaires francais, "personne n'ose prendre de decision"! CQFD. Alors? Sur la question des changements climatiques, l'Asie a-t-elle une autre reponse que l'Occident? Trop tot pour le dire. Les photographes et les paparazzi depeches aux multiples reunions du G8 au Japon ont beau scruter derriere leurs objectifs. On ne verra rien venir avant 2050!



Quant a la France, Nicolas Sarkozy est surtout venu au Japon pour preparer son sommet de l'union de la Mediterranee. Au moins c'est proche et du concret pour le chef de l'Etat Francais qui etait irrite hier: Pas d'helico pour l'accueillir a son arrivee a l aeroport de Sapporo Shin-Chitose sous des trombes d'eau.



Il a fallu pres d'une heure et demie de limousine au chef de l'Etat francais avant de parvenir au Windsor de Toyako sous haute escorte policiere.



J'ai croise ce cortege parmi tant d'autres alors que je me rendais dans une usine de la ville de Shiraoi qui grace a l'aide technique de l'universite de Hokkaido a reussi en utilisant la biomasse a faire tourner son usine de pate a papier. Usine a la Geo Trouvetou grace a cette redoutable petite machine. Surprenante! Les elus du patelin sont d'origine Ainou et me racontaient non sans fierte qu'ils raffolent de cette technologie propre et sans fin qui colle a leurs philosophie de la vie: Une nature sacree avant tout, ce que l'on appelle ailleurs, le developpement durable... (l'ombre de Chirac est sur le G8 de Toyako)



Prosaiquement ici on vit sous des torrents d'eau et des embouteillages insupportables. Ma chambre, une jolie vue, et la encore, la grisaille.



Les avions, helicopteres et transports routiers sont en pleine debandade. Les medias tournent en rond. L'enceinte de Rusutsu (le centre international des media, IMC) est sans doute l'endroit le plus mal indique pour rencontrer des auteurs, orateurs et initiateurs de politiques post-G8 2008. Bref, le IMC de Rusutsu est a fuir des que possible. Le wifi passe mal en plus. On nous avait promis un sommet hi tec.



Mais par contre on voit des pales geantes...



... et des panneaux solaires, ils fleurissent comme des champignons sur tout Hokkaido.



Hokkaido le meilleur endroit ou l'on peut discuter, ce n'est naturellement pas au Windsor, evidemment, mais il n'est pas inutile de voir comment l'endroit est utilise, et il faut savoir y acceder. Le concierge etait sympa.



... et le restaurant Africain etait grandiose.




Ici au deuxieme jour, on se fait toujours des frayeurs; les japonais sont des gens anxieux, et que serait un sommet sans fumigene? Histoire de donner raison aux organisateurs que ces sommets ont prise sur la realite, plaisante ou non, eh bien non. En realite on compte les manifestants sur les doigts de quelques mains. Le plan de bataille est bien inferieur en logistique que lors de precedents G8. Les manifestations sont bien plus reduites qu'en Allemagne l'annee derniere, au sommet du G8 de Heiligendamm, on le sait, marque par des manifestations de dizaines de milliers de personnes, et des affrontements avec les forces de l'ordre. Le gouvernement japonais a 20.000 policiers a Hokkaido et autant a Tokyo pour la duree des rejouissances et a renforce les controles dans les aeroports. Les organisateurs des contre-fora se sont parfois plaints d etre traites comme des geneurs ou des delinquants. Les medias "alters" sont pas du tout contents et pourtant ils en offrent de l'information, eux... Les punks locaux et les militants locaux Ainous (premiers habitants de Hokkaido) qui ont manifeste avec eux etaient tres cool. C'est du moins ce que j'ai vu de ma petite voiture branchee sur pile electrique.



Je vous retrouve a la cloture du Sommet du G8..